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Dans la gouvernance d’une nation aux gouvernants soucieux du bien être durable des populations, les périodes électorales sont assimilées à des moments de turbulence. En cela, elles sont un mal nécessaire qui doit ouvrir la voie au travail, à la création des revenus. Elles doivent être le point d’un nouveau départ pour la croissance et la quiétude des populations. Si notre pays peut aujourd’hui souffler d’avoir ses élections générales (présidentielle et législatives) derrière lui, les Maliens pour autant ne voient pas les lueurs d’un lendemain meilleur.

La gouvernance est chaotique à tout point de vue, une situation explosive se dessine. Le mal est déjà là, bien visible ; la mal gouvernance a conduit à la révolte. Au cours de cette dernière année, des représentants du peuple, des journalistes ont envahi la rue contre la violation de la liberté de la presse, l’absence d’une bonne politique pour les Maliens de l’Extérieur; des religieux ont marché contre la mauvaise gestion du dossier de la peine de mort, des commerçants détaillants et les associations de consommateurs ont marché contre la vie chère.

Aujourd’hui, ce sont les enseignants qui dressent le tableau noir d’une politique inconséquente des enseignements. Pendant ce temps, une partie de nos hommes en armes, des défenseurs de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale sont aux mains des rebelles. Ce pouvoir auquel nous avons laissé la gestion de nos affaires a été rattrapé par l’absence de vision et l’immobilisme qui le caractérisent.

Ce front social qui se surchauffe, ces catégories socioprofessionnelles qui ont choisi la rue à des autorités incapables de dialoguer et de bien gérer les affaires publiques font la preuve que le pays n’est pas géré au profit du plus grand nombre ; qu’une minorité, à coup d’exonération, a choisi de vider les caisses du trésor public et les banques à son seul profit, en étroite complicité avec certains opérateurs économiques.

A la croissance économique, a fait place l’inquiétude de plus en plus croissante des populations. Le pouvoir d’achat des masses populaires faiblit de jour en jour face à un marché où les prix des denrées de première nécessité ont pris le galop, contrairement à l’esprit des exonérations délivrées par les pouvoirs publics. Financées à coût de dizaines de milliards par les contribuables maliens, ces exonérations ne semblent contribuer en rien à alléger le fardeau du quotidien sur les braves électeurs .

Le fossé de la crise de confiance est en train de s’élargir entre les électeurs et leurs nouveaux anciens dirigeants. L’espoir du Takokelen a-t-il été assassiné ? En tout, les conclusions dressées par une mission du Fonds Monétaire International (FMI), qui vient de séjourner dans notre pays pendant deux semaines, sont assez accablantes.

Selon le Chef de la délégation du FMI, Philippe Beaugrand qui, en fin de mission, a tenu un point de presse au ministère des Finances, les perspectives de croissance économique du Mali sont en deçà des objectifs établis.
Selon lui, « le principal obstacle à l’amélioration de la croissance est la détérioration tendancielle de la compétitivité de l’économie. L’évolution des prix relatifs à l’intérieur, ainsi que celle des prix et salaires réels au Mali par rapport à ceux des pays partenaires ou concurrents a été globalement défavorable, depuis le début de la décennie ».

En clair notre pays, du fait de la mauvaise gestion, fonce droit au mur. Et les hautes autorités actuelles n’ont aucune alternative à nous proposer. Elles ont montré toute leur limite dans la gestion des affaires publiques.

B. Daou

28 février 2008.