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Les rideaux sont tirés sur les quatrièmes élections municipales de notre ère démocratique qui mettaient en compétition dans nos 703 communes 4700 listes de candidature cette année contre 4050 en 2004. Election dans l’élection, Bougouni a réussi des élections couplées, législative et municipales. Preuve s’il en faut que le peuple ne doit plus être infantilisé et qu’il faut sérieusement, au nom de l’économie d’échelle, envisager le couplage ses scrutins.

Le Niger voisin, en tout cas, le fait et le réussit à chaque fois. Pour revenir à notre dimanche électoral, rarement, scrutin aura fait couler tant d’encre. Des partis politiques au ministère en charge des élections en passant par le président de la République.

Lequel, pas plus tard que vendredi dernier, à l’occasion de l’inauguration d’une usine de tracteurs, avait invité la population à se mobiliser pour un vote massif et de qualité, à la mesure des enjeux des communales, scrutin de proximité par excellence.

Or voilà, une fois de plus, Bamako a traîné le pas, boudé les urnes, et par certains de ses mauvais résidents, marchandé ses voix. L’interview du Gouverneur du District le confirme : des individus sont incarcérés pour infraction à la loi électorale.

Les prévenus passeront-il en assises, comme la loi l’exige ?

Ou, au contraire, tout cela finira en queue de poisson, comme si les sept milliards CFA que ces communales ont coûtés aux pauvres contribuables comptent pour très peu ? La question est posée.

En tout cas, les pouvoirs publics ont l’opportunité soit de donner l’exemple pour l’avenir soit de banaliser les entraves constatées. Reste, dans le fond, que le problème du très faible taux de participation dans la capitale est entier. Le fichier électoral, indiscutablement, à sa part de responsabilité dans ce drame réel pour toute démocratie.

Rappelons que malgré son nettoyage, ce fichier, cette année, compte près de sept millions d’électeurs contre cinq millions et demi en 2004. Soit un croît annuel de 300 000 électeurs par an. C’est beaucoup mais les statisticiens savent mieux que nous à quoi s’en tenir. Dans l’explication du faible taux de participation, on ne peut plus, cependant, écarter l’hypothèse que Bamako a un sérieux problème avec les politiques, qu’ils soient dans les partis ou en dehors.

En fait, le pays se dépolitise. C’est bon, car il peut être commode de gouverner un pays démobilisé. Mais dans un sens, c’est gravissime, car un tel pays ne portera et ne supportera aucun vrai projet. Pire, il fera de l’incivisme son arme principale. Or, de cette tare, personne ne peut prédire les limites. C’est cela le piège qui nous guette.

Boukary Daou

27 Avril 2009