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C’est hélas vrai que ce n’est pas parce qu’on a libéré les 22 otages que les problèmes en sont pour autant réglés puisque 33 nouveaux militaires sont capturés. C’est encore vrai que pour s’attaquer aux racines du mal, il faut que les forces vives du pays en parlent. Au cours des années 60, les autorités avaient jugé nécessaires de mater des rebelles.

Les fils de ces Touarègues émigrés sont revenus en force pour rallumer le flambeau de la rébellion. Ag Bibi, porte- parole de l’Alliance du 23 mai avait martelé au cours de l’atelier organisé par le FDR, les 29 et 30 décembre 2007 sur la crise dans l’espace sahélo saharien, qu’il était rebelle et fils de rebelle.

C’est tout le sens des propos qui reviennent à dire que le fait de mater des rebelles n’empêche leurs fils et leurs petits-fils de rester rebelles. Ils peuvent être pires. L’ancien président de la République du Mali, Alpha Oumar Konaré, qui avait jugé nécessaire de doter les zones arides et semi arides d’un ministère a clairement répondu aux journalistes de RFI qu’il fallait dialoguer.

ATT ne dit pas autre chose, quoique pour la bande à Bahanga, il semble pris au dépourvu et donne l’impression de tendre la carotte et le bâton, de souffler le chaud et le froid. Bahanga et ses hommes sont aujourd’hui prêts à s’asseoir à la table du Forum de concertation nationale sur le Nord.

ATT a reconnu que l’opposition lui avait fait des propositions pertinentes sur les problèmes du nord. Dans un conflit d’une telle envergure, l’exclusion est suicidaire. D’autant plus que le pouvoir et ses conseils ont révélé toutes leurs limites. ATT a donc saisi la bonne idée de travailler avec l’opposition afin de faciliter le dialogue pour la paix définitive.

Pour que le fils du rebelle ne soit un rebelle. Les chrétiens qui viennent de fêter Pâques ne nous diront pas le contraire et nous rappellent que “qui tue par l’épée périra par l’épée”. Il faut absolument accepter les concertations. Ce n’est aucunement de la capitulation.

Baba Dembélé

27 mars 2008.