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S’il est un régime qui a pillé le Mali, c’est sans doute l’Adema-Pasj, et ses ramifications Urd et Rpm. Quand l’ADEMA prenait le pouvoir en 1992, notre pays était encore fier de ses ressources, de ses potentialités naturelles, de ses ressources minières, hydrauliques et énergétiques.
Loin d’ajouter un plus à cet héritage éloquent, le régime ADEMA a plutôt procédé à une privatisation à outrance et sauvage des sociétés et entreprises du Mali.

Les Sociétés et entreprises d’Etat (SEE) dont certaines d’entre elles pouvaient encore être restructurées, ont été bradées (ITEMA, SONATAM, SMPC, Mali-Lait, BETRAM, EDM, etc.) pour ne citer que celles-ci. Il a donc suffi dix petites années à certains caciques, barons, démocrates sincères et patriotes convaincus de l’Abeille solitaire de tout vendre et les grands perdants, les Maliens.
L’argent du bradage tombait directement dans leurs poches. De 1992 à 1998, Alpha Oumar Konaré a produit vingt un (21) milliardaires, issus de son parti ADEMA et satellites, décelé par un rapport de la Banque mondiale.

Les réalisations de Modibo Keïta et de Moussa Traoré ont été bazardées à des actionnaires étrangers. Les politiques obscurantistes de nos démocrates de l’ADEMA et la destruction de notre économie ont malheureusement été encouragées, soutenues et entretenues par les financiers internationaux. Le processus de liquidation des SEE a jeté des milliers de travailleurs dans la rue. Ces vingt dernières années ont été émaillées de corruption jamais égalée au Mali, avec la naissance de 69 milliardaires de la démocratie.

Le parti ADEMA, tapis derrière le regroupement FDR (Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République), par leur comportement et les agissements de certains barons détenteurs d’un trésor de guerre, a sapé le fondement même de notre société.
Aujourd’hui, assurer la relève sera difficile pour une jeunesse corrompue, pressée de se faire fortune. Leur souci : argent, voiture, villa et la fête. Voilà l’héritage légué par le FDR. Le Mali d’aujourd’hui est comparable à cette eau polluée du Djoliba qui continue d’alimenter les Maliens mais personne ne se soucie de sa préservation. Heureusement qu’il y a la Coordination des organisations patriotiques du Mali (COPAM), le Mouvement populaire du 22 Mars (MP22), etc. Sinon, ce sera le Mali des pauvres et des riches.

Dans un Etat responsable, toute une famille ou un couple d’un même parti politique ne peut exercer les fonctions de ministres dans un même gouvernement. Cela signifie en terme clair : servez-vous ! Qui peut être propriétaire de 52 lots à l’ACI 2000, si ce n’est pas un baron de l’Adema ? Qui peut construire une agence de communication en un mois à l’ACI si ce n’est pas un baron du FDR ?
Incapable d’apporter une réponse à cette grande délinquance financière qui a pillé les ressources du pays, le FDR fait le gendarme derrière la communauté internationale pour se tailler un nouveau pouvoir. Cela ne marchera pas.

Nous savons que le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République a vendu le Mali à Bolloré, Bouygues.
De grâce, sachez raison garder au FDR. Une certaine presse, dont l’ADEMA, l’URD et le RPM ont tout donné, vient de rejoindre Cheick Modibo Diarra. C’est-ce qu’on appelle le comble.

Amy SANOGO

L’Inter de Bamako du 26 Novembre 2012