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L’actualité politique, ces derniers jours, reste indéniablement focalisée sur la tentative de traduire en actes le projet présidentiel de relecture des textes fondamentaux régissant la République dont la mission vient d’être confiée à Daba Diawara et son équipe d’experts.

L’initiative, si elle est louable, permettra de revigorer une démocratie en panne d’inspiration, et n’en demeure pas moins sujette à controverses. Ce qui explique sans doute l’embarras dans les propos de Dioncounda Traoré , président de l’Assemblée Nationale sur l’éventualité ou non d’un troisième mandat pour l’actuel locataire de Koulouba.

Du coup, l’opinion ne retiendra plus de l’immense chantier que la mise en œuvre de mécanismes permettant à ATT de rempiler et rien d’autre . Et elle a raison…tant de tripatouillages ont fini de pervertir nombre de constitutions en Afrique et dans le cas d’espèce il s’agit d’un homme qui a affirmé sans sourciller que le pouvoir ne l’intéressait pas avant de revenir se battre bec et ongles pour le reconquérir et en faire l’usage que l’on sait.

Oui, c’est bien l’embarras qui a conduit le leader de l’ADP à avoir une réaction d’opposant, lors de la conférence de presse qu’il a animée samedi dernier, partagé qu’il est entre l’actuel compagnonnage de l’Adema et de l’ADP qui lui commande une gestion concertée du pouvoir et la nécessité d’exister et de continuer à exister hors de toute tutelle.

Pour l’analyste, il ne fait aucun doute que Dioncounda, consciemment ou non vient de donner le début des futures relations de son parti et peut être même de l’ADP avec le président de la République. Ce d’autant plus que chacun des partis composant ce regroupement est en train de consolider ses bases et ce n’est pas, cette fois, pour offrir le fauteuil à un champion qui n’est pas des leurs et qui l’aura largement prouvé lors des élections législatives passées et surtout lors de l’élection de ce même Dioncounda au perchoir.

De même, le FDR aussi est fondé à croire que les conclusions auxquelles aboutira l’équipe Daba, du fait même qu’il en est absent, s’échafauderont contre lui et d’une façon générale contre la société civile et les syndicats, les principaux contradicteurs des textes, des lois et de leur application.

Du coup, si les craintes du plus grand nombre de nos compatriotes se confirmaient, ATT se retrouvera en 2012 à la fois face aux partis de l’ancienne ADP et ceux du FDR. L’ADP comprendra enfin qu’une démocratie sans opposition est privée de sève nourricière et le général se rendra compte que le pays lui a suffisamment payé sa dette morale.

S.El Moctar Kounta

05 Mars 2008.