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Avec les projets de décrets fixant la date des élections communales au 26 avril et le financement des partis politiques, le gouvernement semble prendre le taureau par les cornes. Ces décisions du conseil des ministres du mercredi dernier vont certainement donner du souffle à ceux qui soutiennent qu’il n’y a aucune inquiétude à organiser ces communales en avril.

Alors que pour d’autres, rien n’est prêt, notamment le fichier électoral qui est la mère des listes d’électeurs devant chaque bureau de vote. Nul n’a besoin de revenir sur les craintes exprimées par des acteurs clés du processus électoral dont certains ont demandé le report des prochaines communales pour permettre de conduire à terme la mise à jour du fichier.

« La DGE s’attelle à l’heure actuelle à la mise à jour du fichier électoral, en collaboration avec le ministère de l’Administration territoriale et des collectivités locales…», précisait un communiqué du délégué général adjoint, en fin de semaine dernière. Il précisait n’avoir pas demandé un report des élections.

Pouvait-il en être autrement, avec un décret qui coupait cours aux supputations sur le report ? Le conseil des ministres a eu l’habilité de faire d’une pierre deux coups : légaliser la raison du président qui avait annoncé l’organisation des élections communales pour la dernière décade du mois d’avril 2009, lorsque le 12 décembre dernier, à l’occasion de la Journée nationale des Communes, il s’adressait à l’ensemble des maires du Mali.

En plus de la transformation en loi de cette « information présidentielle», le conseil des ministres a également fait saliver les partis politiques, en leur annonçant, non pas une aide exceptionnelle due à la magnanimité du président ATT, mais cette allocation légitime due à l’engagement de ces acteurs, que sont les partis politiques, pour le renforcement de la démocratie.

Si pour Ousmane Sy, ancien ministre en charge des élections et ténor de l’Adema, l’annonce du président ATT était juste une information, la preuve vient d’être donnée que pour les services de Kafougouna Koné, à travers le Directeur national de l’intérieur, il n’y a aucune inquiétude à organiser les élections le 26 avril.

Reste à savoir si l’argent du financement public sera débloqué avant ou après les consultations communales qui jettent les bases de la bataille pour les présidentielles. Reste également à voir si les craintes qui poussent à demander le report vont être démenties par la régularité et la crédibilité du scrutin du 26 avril.

B. Daou

09 Février 2009