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Ainsi, la Constitution malienne est une bonne chose pour le musulman en ce qu’elle lui permet de pratiquer librement l’Islam. Cela ne signifie pas que tout ce qui est permis dans le pays soit autorisé par l’Islam.

Mais ces choses-là, on doit les combattre démocratiquement, légalement. Cette clarté de la position du gouvernement en matière de laïcité n’existe pas partout.

En France, sur onze jours fériés, il y en a six de catholiques, à l’exclusion des fêtes juives et musulmanes, ce qui a fait parler de “catho-laïcité” dans ce pays, c’est-à-dire une laïcité dominée par le catholicisme.

Mais, plus grave, il semble qu’il existe une volonté de ne pas accueillir l’Islam qui est désormais une communauté très visible de 5 millions d’habitants.

Alors on explique les jours fériés, le dimanche et même les congés de Noël et de Pâques non pas par la religion, mais par la culture.

De même, dans un canton suisse, le président régional prête serment dans une église luthérienne qui est proclamée espace laïque le temps de la cérémonie!

Quant à la France, la loi de 2004 sur les signes religieux ostensibles a été un moyen pour exclure les musulmans, du moins selon l’appréciation faite par nombre d’entre eux.

A l’époque, au Mali, la semaine même de la proclamation de cette loi en France, à Bamako des chefs d’établissements scolaires ont expulsé des filles voilées.

Deux autres exemples de ruse : à la Réunion, département français à large majorité musulmane, les lycéennes voilées ne sont pas expulsées, comme si la loi n’était pas égale pour tous dans une République, tandis que, dans l’Algérie précoloniale, l’Etat se permettait d’encadrer les Ulémas et les Imams, afin de faire émerger un Islam officiel toléré.

La France, notre ancienne métropole coloniale, le pays européen qui souffre le plus de ce concept de laïcité, ne pourra sûrement pas nous transmettre son mal.

C’est l’impression qui s’est dégagée le samedi 19 août à la Dette publique, lors de la conférence de Tariq Ramadan, des déclarations du Pr issa N’Diaye, de Bakary Pionnier Bikotè et de Me Tall, en leur qualité de chefs et responsables de partis.

Ibrahima KOÏTA

21 août 2006.