Partager

Depuis la chute du général Amadou Toumani Touré, un sentiment anti-français semble gagner les maliens. A tort ou à raison, la cause de cette désaffection est liée aux phénomènes suivants :

– la France aurait toujours imposé ses choix à la fonction présidentielle soit par putsch, soit par la voix des urnes aux pays africains ;

– les élections générales au Mali se trouvent reléguées aux calendes grecques ;

– la coopération avec la France des pays francophones constituent un obstacle à leur développement. Comme l’a dit le Président Laurent GBAGBO : «Aucun pays au monde, parlant exclusivement le français, ne s’est développé en dehors de la France, elle même» ;

– les décisions des Chefs de la CEDEAO semblent être inspirées voire commanditées par la France, qui entraine avec elle les autres pays européens.

Les populations maliennes, avec leur sens très élevé de la dignité, de la loyauté et de l’indépendance nationale, ne peuvent tolérer de telles situations. Il appartient donc, à tous les pays qui veulent apporter leurs contributions sincères à la résolution des problèmes auxquels le Mali fait face actuellement : de bien s’imprégner des données de la situation nationale ; de prendre l’avis des Autorités en place ; et d’un commun accord avec celles-ci, de prendre des décisions dans le sens de l’intérêt supérieur du Mali.

Après cinquante ans d’exercice d’une souveraineté nationale, qui a été assumée avec beaucoup d’exaltations et de satisfactions, mais aussi avec beaucoup de peines, il n’est plus possible pour les populations maliennes de revenir à l’état d’une société à qui on impose des solutions extérieures loin des réalités vécues quotidiennement.

Cette impression que les Autorités françaises n’évoluent pas dans l’appréciation du changement de la mentalité africaine tiendrait-elle à l’arrogance de nos partenaires occidentaux ? On a tout de même l’impression que ceux-ci croient disposer d’une science infuse qui leur ferait connaître à eux seuls ce qui est bien ou ce qui est mauvais pour les Africains.

Dommage, la France ne change pas de méthode puisqu’elle méprise les peuples africains.

Amy SANOGO

L’Inter de Bamako du 7 Mai 2012