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La mise en place d’une commission chargée de préparer les Etats Généraux sur la corruption dans notre pays, instituée par le Premier ministre et confiée au non moins ancien premier ministre Modibo Keita, laisse perplexe.

Elle ne s’impose pas, tant l’arsenal dont le pays s’est doté en matière de prévention, de répression de la corruption et de moralisation des deniers de l’Etat, depuis des décennies, est impressionnant.

Cette commission n’apportera rien de nouveau par rapport aux structures et instances comme le très récent Bureau du Vérificateur Général dont l’indépendance lui confère une large marge de manœuvre ; le très vieux, donc très expérimenté, Contrôle Général d’Etat.

Il faudra y ajouter la CASCA, l’Inspection des finances, la Cour des comptes, les structures de contrôle des départements ministériels et les pools économiques des tribunaux.

Que de rapports produits, que de circuits éventés, que de recommandations faites. Et pendant que l’embouteillage s’installe dans le secteur, voilà la commission Keita. Pourquoi ?

N’est-ce pas en réalité pour régler le compte de ces structures dont on ne cache plus le lâchage ?

Toujours est-il que la commission Keita vient après la commission Daba qui elle aussi chemine avec la commission-forum sur l’éducation et la commission-plan d’opération de l’Initiative riz. La suite est sans doute à venir et l’on aura compris que cela est devenu un principe de gouvernement. Le principe de renvoyer au lendemain ce que l’on peut faire aujourd’hui!

Il faudra se rendre à l’évidence : la lutte contre la corruption est une simple question de volonté et de clairvoyance politiques. Il ne sert à rien de l’enserrer dans une commission pour mieux l’étouffer. Il suffit tout simplement de prendre en charge les rapports qui dorment !

S.El Moctar Kounta

12 Juin 2008