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Dans quelques jours, dans la belle cité de Kayes qui a déjà fait sa toilette, la Biennale artistique et culturelle des jeunes va ouvrir ses portes. Elle aura été précédée de ce rendez-vous du donner et du recevoir que constituent les assises de la coopération décentralisée, dont la région de Kayes tout entière semble en avoir inventé les chemins de la réussite.

La capitale culturelle du Mali, officiellement, transportée sur les berges du fleuve Sénégal, donnera l’occasion au peuple de se retrouver , à la jeunesse de se brasser et de rêver ensemble . Le genre de rêve qui, justement , conduit à la construction nationale et au développement .

Il y a cependant l’envers du décor. De la Semaine de la Jeunesse des années du socialisme vainqueur à la Biennale renaissant de ses cendres, il y a deux éditions, en passant par la Semaine Nationale des Arts et de la Culture, la nécessité se fait de plus en plus d’innover, pour donner à l’événement une envergure sous régionale et même internationale.

Il faut innover en sélectionnant les numéros primés et les faire découvrir, dans une troupe unique, à l’intérieur du pays.

Il faut intégrer ces mêmes numéros dans les circuits du « show-biz » africain et la « Word music », par la fabrication de disques et de cassettes , par des tournées, pour le grand public africain et occidental

Il faut envisager les biennales comme de véritables pépinières pour jeunes talents, à encadrer, pour en faire les ambassadeurs et opérateurs culturels de demain.

Il faut que cette culture si riche s’adosse sur le nécessaire réceptacle de ce corps sain et justifiant de la reprise de cette autre Biennale, celle sportive.

L’immense orchestre du Super Biton de Ségou a indiqué la voie en se produisant au Centre Culturel Français , après une éclipse de vingt ans, comme pour vérifier l’attachement des Maliens à leur culture mais surtout pour indiquer le chemin de l’avenir , s’inspirant du passé. Il n’a pas été déçu.

Kayes aussi ne décevra pas. Il fera mieux que les éditions passées. Il sortira des sentiers battus. Il ouvrira les portes du futur. Parce que Kayi ni yoro man kan !


S.El Moctar Kounta

16 Décembre 2008