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Quels que soient les euphémismes que l’on pourrait employer, l’initiative riz, la première trouvaille du Premier ministre pour inaugurer son mandat, est en train de prendre l’eau.

Le président de la République après s’être adroitement démarqué de l’initiative en l’appelant « l’initiative riz du Premier ministre » annonce désormais, à l’occasion de la journée paysanne, à Soninkégny, qu’elle « a été lancée au mauvais moment ». Sans doute en raison des difficultés et du retard dans sa mise en œuvre.

Le Parena le disait lors de sa conférence de presse du 4 juin, il faut différer, dans un souci de performance, la mise en œuvre de ce programme du « doun ka fa »pour en permettre une meilleure préparation.

Il précisait aussi que la gestion des affaires publiques, surtout quand l’on veut innover et frapper les imaginations, ne réside pas dans le principe d’aller vite mais d’aller sûrement et longtemps.

Pour ne l’avoir pas fait, l’initiative riz s’est imposée comme un chantier dans lequel il s’agira désormais de réussir ou de périr.

Les engrais ne sont pas là !
Les semences ne sont pas là !
Les terres n’ont pas été aménagées!
les bailleurs de fonds traînent des pieds!
Le pays même n’y croit pas !


Or il faut réussir !!!

Trop de chantiers ouverts dans la précipitation risquent de connaître le même sort. La commission relecture des textes, la commission lutte contre la corruption, celle relative à l’école sont autant de défis que le Premier ministre doit réussir, dans le timing prévu, ou se démettre.

Il en va de cette initiative riz, en particulier, qu’il ne doit pas réduire en une « initiativerie » !


S.El Moctar Kounta

09 Juillet 2008