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Ce ne sont plus 40000 tonnes mais « plus de 100 000 tonnes de riz »qui seront importées selon l’agence Xhinua devenue une source d’information indispensable sur notre sécurité alimentaire. Ce riz, naturellement, sera défiscalisé et serait vendu à 280 CFA le kilogramme. Inch’allah, mais gardons les doigts croisés car tout cela a un fort relent de déjà vu.

L’an dernier, malgré le spectacle télévisé et de généreuses exonérations, les commerçants n’ont pas pu maintenir le prix au seuil convenu. Magasins-témoins et banques de céréales, d’ailleurs, n’avaient été qu’une grosse blague. Mais faut reconnaître que la mesure d’importation du riz pourrait être bonne pour le portefeuille du consommateur et bonne pour un marché considéré comme inabordable. A cause, susurre t- on, de l’initiative riz auquel pas moins de dix neuf articles de presse, le plus souvent infamants ont été consacrés rien que ces deux dernières semaines.

La défiscalisation, cependant, ne pourrait prouver l’échec de l’initiative riz. Celui-ci ne peut être constaté qu’avec le maintien des taxes et l’évidence que, même importé dans des conditions adverses, ce riz reste plus abordable que celui localement produit et subventionné à 12 milliards de nos francs.

La vérité se situe quelque part entre les quantités autorisées à l’importation et le comportement du marché. En d’autres termes, le Premier ministre qui tablait sur l’exportation de 100 000 tonnes était dans les hypothèses hautes auxquelles il ne faut pas renoncer pour l’avenir mais pas pour cette année.

De même, est improbable la production record annoncée par le ministre de l’agriculture car notre pays a un problème congénital avec ses statistiques. Toute la question est de savoir si la subvention accordée par le gouvernement a permis de booster la productivité, et ce, à la lumière des quantités annoncées pour l’importation qui reste autour de 10% des besoins nationaux de consommation estimés à 900 000 tonnes de riz marchand.

Si la réponse est affirmative, alors ce sont 800 000 tonnes de riz marchand qui ont été produites dans le pays et cela représente une valeur marchande de plus de 200 milliards de nos francs payés à nos producteurs plutôt qu’à des intermédiaires thaïlandais et à quelques importateurs bien nés. Si la réponse est négative, alors, il y a problème. Et deux grands problèmes.


Le premier
: pourquoi les quantités à importer sont-elle si basses ?


Le deuxième :
quels problèmes voyons- nous à cette initiative et qui échapperaient à nos partenaires techniques et financiers ?

A preuve : le soutien total et public à l’initiative riz de la part du ministre de la coopération néerlandaise lors de son récent séjour dans notre pays et qui commande simplement de se tourner vers des choix d’avenir.

Adam Thiam

11 Mars 2009