Partager


La saison des pluies qui débute ne doit pas faire illusion. Même l’annonce d’un hivernage prometteur ne doit pas faire illusion. L’impréparation dont on ne veut pas se départir dans la conduite des affaires de l’Etat va compromettre tout ce qui sera entrepris.

L’impréparation dans le dossier de la crise du Nord qui près de 8 mois après son annonce n’arrive toujours pas à réunir les pays concernés par la rébellion touareg. Réunion qui est en train de transformer en une grande messe pour flatter plus les ego que pour aboutir à de vraies solutions.

L’improvisation dans le secteur poumon de l’économie du pays. L’agriculture. Une improvisation qui si elle n’aboutissait pas aura fait perdre plusieurs milliards à l’Etat. Un schéma hélas plausible du fait de la défiance du président de la République ayant occasionné, quoi qu’on dise, la fragilisation, voire le découragement du principal artisan de l’Initiative Riz.

A la primature, l’overdose des commissions pour régler des pans de la vie publique (l’école, la corruption, le foncier, et même la relecture des textes) du fait de leur lourdeur et aussi de leur coût, renvoie à l’image de ces rock stars qui n’écoutant que leur seule inspiration accordent deux heures durant leur instrument pour un spectacle d’à peine trois heures.

Ce dérèglement généralisé de la machine auquel on peut ajouter les querelles de clocher finiront, si rien n’est fait au plus vite, de gangrener l’appareil. Au moment où le pays a faim, où les jeunes sont au chômage, où l’école n’est plus que l’ombre d’elle-même, où le feu couve, où l’expectative s’est installée…

Et ce ne sont pas les tam tam des premières pierres qui couvriront les cris de détresse et des appels au secours des ventres vides.

S.El Moctar Kounta

25 Juillet 2008