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Il ne restait plus à ATT qu’à marcher sur des sentiers battus, puisqu’il n’ y avait plus que les pôles à visiter. De toutes les façons, avec la mondialisation, tous les pays sont proches. Mais la visite de Hugo Chavez Frias en ce moment appelle plus d’une remarque.

Son pays, comme pratiquement tous les autres d’Amérique centrale et du Sud, a connu une histoire mouvementée, depuis son indépendance, en 1818, acquise au prix de la lutte héroïque de libération menée contre l’Espagne par Simon Bolivar, jusqu’aux violentes secousses sociales dues à la résistance des masses populaires contre l’exploitation des classes possédantes défendant les intérêts du grand capital international, en particulier de celui du grand voisin du Nord, qui n’hésite pas à employer les grands moyens contre les pays trop remuants du sud.

Ainsi, la Grenade fut envahie, le président Noriega du Panama enlevé jugé et emprisonné, le président Allende renversé, tué et remplacé par Pinochet…Cette longue liste d’agressions impérialistes avait commencé avec les attaques contre l’Espagne pour la déposséder de ses territoires : Haïti, les Philippines, Cuba, qui dut, en 1961 faire face à l’attaque de la Baie des Cochons pour sauvegarder son indépendance.

Hugo Chavez lui-même a échappé à plusieurs tentatives de renversement dont l’une, en avril 2002, a failli l’emporter, car il avait perdu le pouvoir pendant quelques heures.

Le président Hugo Chavez apparaît, dès lors, comme un symbole de la lutte contre l’impérialisme américain incarné aujourd’hui par la politique hégémoniste de Bush et surtout son invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, ses menaces contre la Corée du Nord et l’Iran de Ahmadinejade.

C’est d’ailleurs de ce pays que le président vénézuélien a fait cap sur le Mali. C’est un hommage on ne peut plus clair au passé révolutionnaire de notre pays et à son tiers-mondisme de toujours, qui ne l’empêche pourtant pas d’être adulé par les grandes puissances.

La visite d’Hugo Chavez sera l’occasion, dit-on, de signer un accord de coopération triangulaire Cuba-Venezuela-Mali. On le dit aussi grand ami des présidents Evo Moralès de Bolivie et Lula du Brésil, deux hommes d’Etat de gauche.

Enfin, grand altermondialiste, c’est lui qui aurait été le principal financier du Forum social mondial des Altermondialistes de Bamako en janvier 2006, avec plus de vingt mille participants.

I. KOITA

03 août 2006.