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Le plus grand mérite dans l’art de la diplomatie, à n’en point douter, réside dans la capacité à concilier les inconciliables. Qui le saura et en fera la démonstration aura su être de ceux dont l’histoire, la grande et la petite, retiendra et le nom et l’action.

En diplomatie, en politique en général, il ne suffit pas de demander pour être servi et pour cause la ligne droite n’y est pas forcement le chemin le plus court. Si cela avait été le cas il aurait fallu tendre la main pour voir se rejoindre Israël et le Hamas, Marocains et sahraouis partager le cous- cous, Robert Mugabe et Morgan Tsangiraï éviter le bain de sang de leurs compatriotes.

Au Mali, la rencontre des chefs d’Etat sur la sécurité dans l’espace sahélo saharien prévue de longue date a été pour la énième fois reportée. Reportée, sans que les raisons fussent indiquées, mais à coup sûr parce qu’insuffisamment préparée.

Reportée et peut être même que l’idée sera abandonnée, parce que justement l’on n’aura pas su trouver les termes appropriés pour concilier les oppositions. Inventer le nécessaire consensus autour d’un sujet à la fois de haute portée politique et de démarche essentielle dans la construction de la paix dans cette partie de nos territoires en partage.

Mais puisque ce plan ne marche comme l’attestent les échecs répétés de sa mise en œuvre, d’ailleurs n’aurait- il pas mieux valu laisser s’exercer d’autres compétences, notamment les premiers initiateurs de l’idée ? Il faut se donner un plan de rechange, un plan B dont les résultats pourraient être tout aussi probants.

Les prémices de ce plan sont déjà connues et annoncées, l’implication des acteurs communautaires à la base, la prise en compte de leur leadership , l’exploration des voix traditionnelles comme celles modernes de résolution des conflits, dont les gouvernants n’auront d’autres choix que d’entériner leurs résultats, au nom du bon sens, au nom de la communauté de destin.

S.El Moctar Kounta

24 Février 2009