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La 11ème réunion de la Commission mixte de coopération Mali-Algérie tenait, hier à Bamako, ses assises. Fait étonnant : la réunion n’aura duré que quelques petites heures. Eu égard à la situation qui prévaut dans le septentrion, l’on s’attendait tout logiquement à ce que Algériens et Maliens aient plutôt une réunion marathon. Une rencontre d’au moins deux jours, eu égard à la crise qui s’empare du nord du Mali pour laquelle l’implication algérienne brille désormais comme le soleil de midi.

Pourtant, les deux pays ont réitéré leur volonté commune de renforcer leur coopération dans le domaine de la prévention et de la lutte contre le crime organisé et la criminalité sous toutes ses formes, afin de sécuriser les zones frontalières. En plus, ils ont convenu d’orienter leurs efforts vers des actions concrètes à travers la mise en œuvre des engagements pris.

Ce dernier aspect est justement d’une importance capitale car les derniers événements au nord Mali ne prouvent pas une volonté d’actions concrètes de la part de l’Algérie. Ou peut-être bien que l’Algérie se serait simplement trompée dans l’orientation de ses actes.

En effet, comment comprendre que l’Algérie accepte d’offrir son territoire comme base de repli à Bahanga et consorts, malgré les professions de foi sur la très longue amitié Algéro-Malienne ?

Comment l’Algérie, qui se trouve sous la coupe de plusieurs accords avec le Mali, en plus d’une longue histoire de fraternité, ose-t-elle appeler le Mali à négocier avec des gens qui ont violé les accords signés à Alger sous la caution de Boutéflika?

Comment aussi juger l’attitude mi-figue mi-raison de l’Algérie qui laisse Bahanga détenir nos compatriotes en otage pour ensuite circuler librement en terre algérienne?

En plus, que dire des mines de fabrication algérienne retrouvées sur place par l’Armée malienne suite à la fuite de Bahanga à Tinzawaten ?

Il devient quasiment impossible de croire aux déclarations de façade de l’Algérie qui conseille aux bandits Fagaga et Bahanga de seulement renoncer à la revendication de la création d’un état indépendant, sans pour autant mettre fin à leurs agissements. Chacun pouvant alors s’agiter de son côté.

Disons-nous la vérité ! Le Mali ne peut plus se laisser prendre à ce jeu de duplicité qui est en train de saper son intégrité territoriale. Mais comme on ne fait pas de la diplomatie sur les places publiques, gageons que les autorités de notre pays savent faire preuve de fermeté pour ne pas s’enfermer dans une logique de parodie de rencontres inutiles.

18 octobre 2007.