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En effet, pour la première fois un pays africain était parvenu à régler un conflit interne sans intervention militaire extérieure. Le Pacte national avait été conçu pour les Maliens et par les Maliens. C’est fort justement de cela, que notre pays était constamment cité en exemple comme une réussite en matière de gestion de conflit.

A l’intérieur, des milliers d’ex-combattants avaient ainsi été intégrés dans les rangs de l’armée nationale. D’autres ex-combattants et/ou responsables politiques de l’ex-rébellion ont intégré l’administration et les autres corps paramilitaires (Douanes, Police, Services des eaux et forêts). Aujourd’hui, certains d’entre eux occupent de hautes fonctions dans tous les rouages de l’Etat. Quoi de plus normal ? Ils sont Maliens. Et, à ce titre, ils doivent bénéficier de tous les droits conférés à tous les citoyens du pays conformément à la Constitution de la République. Une Constitution qui, par ailleurs, indique que « le Mali est un et indivisible« .

A tous les niveaux, de nombreux cadres de l’ex-rébellion font aujourd’hui preuve de patriotisme et de leur attachement à la Maison commune qu’est le Mali. C’est dire que les événements survenus hier à Kidal et à Ménaka ne constituent guère une remise en cause du Pacte national. Loin s’en faut. Ces événements sont l’oeuvre d’une bande connue et qui, en réalité, ne représente nullement tout un mouvement. Que l’on se rassure : le Mali est loin d’une nouvelle rébellion.

Loin de nous l’idée de minimiser les événements qui se déroulent actuellement en 8e région. Cependant, les Maliens, à tous les niveaux, doivent faire preuve de discernement. Aujourd’hui, il est évident que des éléments ont pris l’initiative de s’attaquer à l’Etat et à ses symboles. Mais jusqu’ici, les auteurs de ces actes n’ont émis la moindre revendication. D’où le flou qui entoure les deux attaques. Alors question : que veulent les initiateurs de ces opérations ?

A défaut d’une réponse, les Maliens doivent garder leur sang froid, afin d’éviter des dérapages qui ne seront profitables qu’aux auteurs des attaques de Kidal et de Ménaka. Aussi, l’Etat garant de la sécurité des citoyens, se doit de gérer cette situation explosive avec fermeté. Car, c’est cette absence de fermeté qui justifie, en partie, la situation qui prévaut aujourd’hui à Kidal.

En son temps, nous avions attiré l’attention de l’opinion et des autorités sur les risques que représentait un certain Hassane Fagaga, qui avait pris, au mois de février dernier, le chemin des montagnes. A l’époque, les autorités ont choisi la voie du dialogue, sans doute par souci d’apaisement. Mais, le résultat est là.

C’est dire qu’au moment où les autorités maliennes faisaient preuve de leur disponibilité à trouver une solution définitive à la crise de confiance installée à Kidal depuis des mois, d’autres personnes attendaient de passer à l’action. Malgré tout, notre pays a toujours su surmonter les obstacles. Et le Mali recèle cette capacité insoupçonnée de venir à bout des épreuves.

Alors, ne perdons nullement la raison. Et prions que les événements de Kidal ne soient l’oeuvre que d’une bande de désespérés et que ces mêmes événements soient un simple incident de parcours dans l’édification d’un Mali fort et uni. C’est en cela que nous sortirons tous grandis de cette épreuve.

C.H Sylla

24 mai 2006.