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Il est loisible de le constater. Sur le terrain et dans les états majors politiques, le gouvernement est en campagne. Partant du principe que celui qui veut gagner 2012 se doit de s’assurer de confortables positions en 2009, le branle-bas a déjà commencé. L’élection de proximité que constitue le scrutin pour les communales est indéniablement le nécessaire tremplin pour la suite.

Cette suite, Il est normal que les partis s’y préparent. Mais, quand cela intervient quatre ans trop tôt et a pour acteurs ceux là mêmes qui ont à charge de gérer le quotidien, de répondre à la pressante demande sociale face au mal vivre des Maliens, de tracer les voies pour demain . Il y a problème !

C’est tout en animant leurs partis, l’œil rivé sur Koulouba, qu’ils gèrent, dans la foulée, les affaires de l’Etat, si tant est qu’on peut dire qu’ils gèrent, car cela suppose que l’on engrange des résultats. Ce qui n’est pas le cas au regard de la surchauffe actuelle du front social : vie chère, protestations et marches de syndicats, menaces d’année blanche, crise persistante au Nord…

Il n’y a aucun doute là-dessus les membres du gouvernement et les partis de la majorité sont en campagne, aux frais et souvent avec les moyens de l’Etat! Mais, à y regarder de près, le consensus tant vanté n’a t-il pas produit un avatar ruineux pour ce deuxième mandat ?

Il a engendré une situation dans laquelle la première garde, les fers de lance (tous ceux autour desquels se sont construits ADP et consensus) se veulent à la fois les héritiers, pressés, d’un régime et d’un chef qui ne veulent pas mourir avant l’heure et en même temps les spectateurs d’une situation qu’ils conduiront, par leur passivité, à la disqualification.

Il se joue, de ce fait, une partie tragicomique, où l’on veut que l’équipe à laquelle on appartient gagne, pour en tirer les bénéfices et en même temps, plus prosaïquement, la laisser perdre, par son refus de combattre, et dans ce cas aussi tirer profit de cette même défaite!

La deuxième voie, la plus facile et la plus sûre, pour se hisser sur des débris plutôt que sur des lauriers est celle que le gouvernement actuel a choisie . Alors, sans état d’âme, il se met en campagne, ne se considérant pas comptable des échecs d’aujourd’hui.

S.El Moctar Kounta

24 avril 2008.