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C’était le 16 avril 2011 à Dakar, que la «Fondation Kéba M’Baye pour l’éthique», pour sa première remise de prix, a choisi de décerner la distinction à Mr Amadou Toumani Touré, alors Président de la République du Mali.

Le 20 avril 2012, un an et une semaine après, cette même capitale sénégalaise reçoit en asile politique le récipiendaire du «prix Kéba M’Baye pour l’étique», arrivé cette fois-ci avec le statut non enviable d’ancien président exilé de la République du Mali.

Ironie du sort, acharnement de l’histoire ou destinée divine ? L’histoire se chargera, un jour ou l’autre, de fixer d’une manière inexorable le peuple martyr du Mali sur cette coïncidence de dates de l’histoire.

En son temps, L’Inter de Bamako soutenait fermement, que la direction de la «Fondation Kéba M’Baye pour l’éthique» restera certainement incomprise en allant chercher l’éthique dans la cour «des politiques», ce cercle, de conquête et de gestion du pouvoir, où l’éthique est loin d’être la chose la mieux partagée.

En leur concédant même ce droit de chercher une aiguille dans un sac de foin, il y a lieu de préciser la motivation profonde des membres du jury, qui n’était ni plus ni moins que de soigner l’image d’un président, qui, dans son propre pays, était au plus bas de sa popularité.

Certes, nul n’est prophète en son propre pays, mais les moyens financiers et médiatiques dont disposent les dirigeants africains font qu’ils distillent à l’extérieur de leur pays une image de marque, qui se trouve dans bien de cas à l’opposé du degré de souffrance et de désespoir que leurs populations subissent.

C’est cette situation, qui justifie clairement la position de la Communauté ouest africaine et de la Communauté internationale, qui malgré leur promptitude à demander le rétablissement de l’ordre constitutionnel, ont finalement reculé sur la base des explications données par les auteurs du coup d’Etat du 22 mars ; aboutissant à un compromis qui permet de poursuivre sans la 1ère Institution de l’Etat, le désormais ancien président de la République ATT, contraint à présenter sa démission à la surprise générale.

Sans nul doute, ce compromis permettra à la République du Mali de faire face aux défis majeurs auxquels elle est confrontée, en même temps que l’opinion internationale se rendra compte que la mise en place des Institutions démocratiques ne vaut que par la valeur et la qualité des hommes qui les animent, mais aussi que l’image de marque qu’un régime politique véhicule à l’extérieur de ses frontières peut- être différente des dures réalités vécues par ses propres populations.

La solution de sortie de crise trouvée pour le cas malien nous amène à apprécier positivement les décisions prises par les responsables désignés de la Communauté sous régionale, qui ont fait preuve jusqu’à présent de réalisme et d’esprit pratique. «L’Inter de Bamako» souhaite de ces dispositions d’esprit prévalent jusqu’à la résolution complète de l’imbroglio malien.

Amy SANOGO

Le 24 Avril 2012