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En effet, par exemple, l’ex-secrétaire général des MFUA, Zidane Ag Sidalamine, n’en est pas membre, quoiqu’il ait animé, voire coordonné la communication du mouvement sur son site internet.

Il n’est évidemment pas le seul dans ce cas. Mais, comme les rebelles ivoiriens transformant un putsch manqué en rébellion politiquement structurée, voilà que le 18 août dernier l’ACD tient son premier congrès.

Une affaire interne qui n’a rien à voir avec l’accord d’Alger? Peut-être, mais qui ne manque pas de soulever un certain nombre de questions théoriques et pratiques. S’agit-il d’un parti ?

Alors pourquoi, comme ce devrait être la règle en démocratie, n’avoir pas fait la publicité nécessaire, ni suivi les démarches administratives ordinaires ? Pourquoi s’être cantonné dans les collines, avec seulement des insurgés dans l’organe dirigeant ?

Le maintien des postes de chef d’état-major, de chef d’état-major opérationnel, montrent qu’on est en présence d’un mouvement armé et non d’un parti politique. Il y a plus grave cependant : c’est ce point n°2 des résolutions qui parle de “protection des droits de l’homme et des minorités”.

C’est, en termes voilés, une référence à la couleur, à la race, ce qui est anticonstitutionnelle.
Mais il n’y a pas que l’ADC dans le Nord. Il y a désormais le mouvement des Tamasheq noirs, qui vient de tenir son premier forum les 10, 11 et 12 août à Essakane, dans la commune de Ménaka, une rencontre dont les 4 000 participants sont venus des régions de Gao, Tombouctou et Kidal et de la République du Niger.

Selon notre confrère “le Républicain” d’hier, les Tamasheq noirs dénoncent “les injustices de toutes sortes , qu’ils subissent du fait de leur statut d’esclaves. Et, en conséquence, ils réclament l’abolition de l’esclavage.

Pour leur président, dit ce journal, “la rencontre visait entre autres à poser les jalons d’une cohésion nationale et à donner une image citoyenne et responsable à la communauté Kel Tamasheq”. Même si la communauté Bellah (le terme courant pour désigner les Tamasheq noirs” reconnaissent les accords d’Alger et le Pacte National, il s’agit bel et bien d’une révolution dans la révolution.

Ces fiers hommes demandent en somme que le voleur arrête de crier au voleur et disent que s’il y a une discrimination à dénoncer et une injustice à réparer, c’est bien celles qu’ils subissent.

Certes la cohésion nationale demande qu’on trouve une solution rapide à ce nouveau foyer de mécontentement dans le Nord.

Mais force est de reconnaître qu’il semble qu’on puisse résoudre ces deux problèmes plus facilement en les regroupant.

Ibrahima KOITA

23 août 2006.