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Comme s’il eut été besoin d’une commission pour gérer la question. Comme si la corruption était cette chose, cette pratique, tapie dans l’ombre que quelques spécialistes doivent débusquer. Et cela à coups de subventions de l’Etat.

Non, non, non! il suffit tout simplement de regarder autour de soi car elle ne s’embarrasse même plus de ce voile de pudeur dont elle se couvrait il y a quelques années. Maintenant elle est dans la rue, dans les bureaux, sur les chantiers, partout.

Elle est diluée dans l’atmosphère et telle un caméléon au métabolisme accéléré elle épouse l’air du temps, se confond avec la lumière et se drape des couleurs de la dignité parce que devenue la norme. Seuls quelques idéalistes se refusent de voir qu’elle gangrène et tue le pays dans des proportions et des formes chaque fois renouvelées.

Elle existe et la forme qu’elle affectionne est celle qui emprunte au mirage, au feu follet. A peine en a t-on entendu parler qu’elle est passée, après un coup assassin aux intérêts du plus grand nombre.

Adieu écoles, dispensaires, routes. Adieu chantiers réussis, adieu développement, et en lieu et place, seulement de l’autre coté de la rue, bonjour baraque hollywoodienne, Hummer 8×8 (les 4×4 sont déjà dépassés) et vacances de rêve.

La commission qui vient de rendre les conclusions des Etats généraux sur la corruption ne se situe toujours que dans le domaine des recommandations, donc à la périphérie des problèmes réels. Pour les endiguer et même les éradiquer il n’y a que formation civique, moralisation et volonté politique.

S.El Moctar Kounta

29 Janvier 2009