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Quand, à force de mauvaise gestion, il a fallu pour le Mali privatiser la RCFM (Régie des chemins de fer du Mali), en association avec son coexploitant, l’Etat du Sénégal, les travailleurs sénégalais mis au chômage ont perçu de la part du même repreneur plus d’avantages que les Maliens. Presque du simple au double, des indemnités de licenciement.

Mieux, le pays d’Abdoulaye WADE a manœuvré de façon à recaser dans des créneaux parallèles la plupart des déflatés.

Après des années de protestations, de revendications et de frustration des cheminots contre une mise en concession mal ficelée, les autorités maliennes, elles mêmes, viennent aujourd’hui de reconnaître, tout à fait officiellement, l’échec de la concession Transrail, donc le vain sacrifice de centaines de pères de familles auxquels on reste encore devoir des primes de départ.

On retiendra donc l’échec cuisant de la concession- privatisation, comme ce fut le cas aussi avec la société Energie du Mali. Hélas après que le mal eût été fait! Et quel mal !!

Assez souvent la privatisation a été brandie comme la solution de la botte magique et l’Etat malien s’y est adonné parfois avec boulimie, naïveté et amateurisme. Aujourd’hui, force est de reconnaître qu’elle conduit, elle aussi, à des impasses douloureuses en même temps qu’elle apporte la preuve de notre incapacité à nous autogérer.

Il est a craindre que la CMDT et la SOTELMA en cours de privatisation, par les mêmes acteurs, utilisant sans doute les mêmes méthodes insuffisantes, ne connaissent dans deux ou trois ans le même sort peu enviable de Transrail. Tant pour les dividendes attendus par le pays, que l’espoir de survie de ses travailleurs, « Bouts de Bois de Dieu », anciens et actuels.


S.El Moctar Kounta

10 Juillet 2008