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Le prochain voyage du président de la République en Algérie en même temps qu’elle relancera et remettra au devant de la scène la question de la rébellion touareg, après la gestion secrète qui lui en a été réservée au nom d’une diplomatie silencieuse, va permettre aussi de clarifier la position des uns et des autres par rapport au sujet et par rapport à nos relations d’Etat à Etat.
Car il y a soudain trop de pays dans notre pays et la conviction du citoyen est faite que cela ne présage rien de bon.

Ce voyage, le énième du genre d’une autorité marquante du pays, risque de connaître si l’on ne fait la part du réalisme et de la clairvoyance, le même sort que les précédents, à la fois dans son déroulement que dans son contenu, en particulier de ce qui va en sortir : des discours, des documents et des signatures que les protagonistes vont se dépêcher d’oublier ou de dénoncer. Et l’on sera revenu à la case départ au détriment de populations déjà meurtries par le « mal-vivre ».

Les enjeux sont devenus tellement importants et complexes qu’il faudrait cette fois prendre le problème à bras le corps pour qu’il en sorte une vraie trame pour la paix, une paix définitive.

La question essentielle que l’on aura à se poser, c’est celle de savoir pourquoi les précédentes tentatives de construction de la paix et de la cohésion nationale ont échoué. Des réponses à donner à cette interrogation dépendra le sort à réserver aux conclusions de celle en cours. Ni plus, ni moins.

Il faut aller au pragmatisme et à l’essentiel pour donner une chance, et c’est encore possible, au retour à la quiétude dans le septentrion. Si l’on est persuadé, pour ce faire, d’avoir les bons hommes, il faut s’assurer du discours et se donner les moyens d’arriver sur l’autre rive.

Le défi à relever, c’est de garder entier et soudé le pays et aucun sacrifice pour y parvenir n’est de trop.

S. El Moctar Kounta

22 novembre 2007.