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La caractéristique essentielle de la gestion des différents défis qui se posent au Mali réside incontestablement dans l’absence de lisibilité de la politique gouvernementale, et même quand c’est le cas le pays n’y croit guère. Deux exemples: La gestion de la crise au Nord est entre des mains si nombreuses et des initiatives si abondantes, suscitées tant de l’intérieur que de l’extérieur, que la saturation a produit un effet de cafouillage préjudiciable au dossier. Si l’on y ajoute les tergiversations, les atermoiements et autres tâtonnements, on n’est pas loin de croire que le pouvoir n’a ni ligne directrice ni même une stratégie affinée qu’il peaufinera au gré de l’évolution du terrain , y compris celui diplomatique.

Oui, une détestable impression de cacophonie qui, si elle avait été résorbée, aurait permis d’obtenir des avancées notables. Au lieu de cette politique de deux pas en avant et cinq en arrière. Et Dioncounda délibérément ou non qui en rajoute aux soucis du pays.

Sur les autres fronts, tout aussi brûlants, c’est cette même absence de pédagogie qui continue de rendre à la fois invisibles et inaudibles les efforts, même quand ils sont accomplis. Que ce soit sur la vie chère ou sur l’école.

En Afrique, plus particulièrement au Mali, les gouvernements ne sont, en réalité, que des gouvernements de la satisfaction sociale au quotidien. Les populations, sans doute, en raison de leur misérable condition, sont dans la logique du tout, tout de suite. Et sans un plan d’action précis, il est illusoire de penser qu’ils donneront satisfaction.

Ici, l’année s’en va pour être blanche dans le secondaire, les prix des denrées continuent de donner des insomnies, la diplomatie est en panne, et la protestation gronde.

Tout gouvernement crédible, dans la résolution de ses problèmes spécifiques et majeurs, doit d’avoir une feuille de route savamment pensée, mûrement réfléchie. Au Mali nos autorités en ont une batterie qu’elles brandissent et agitent par mille mains d’acteurs, tous persuadés de leur légitimité et de leur méthodologie.

C’est cela la définition du cafouillage.

S.El Moctar Kounta

23 avril 2008.