Partager

C’est que certains ne craignent pas de faire appel aux Américains perçus, à tort ou à raison, comme le champion de la lutte contre le terrorisme.

Au temps de la guerre froide, on se mettait dans un camp, et on appelait à l’aide, la puissance tutélaire pour abattre l’adversaire qu’on avait pris soin de ranger dans le camp adverse, avec ou sans preuve.

Les Américains se sont rangés du côté des chefs de guerre somaliens contre “les tribunaux islamiques”, pour défendre un diable moins méchant contre un autre plus méchant.

C’est bien à cela qu’on assiste en Afghanistan lorsque l’OTAN (dirigée par les Américains) aide les Mujahiddines (littéralement : combattants du jihad) contre les Taliban (littéralement : étudiants coraniques).

Or, pour tuer un chef taliban supposé caché quelque part, plusieurs villages sont bombardés. En Irak, on les a vus lancer de véritables offensives avec forces aériennes et terrestres combinées contre des quartiers de Bagdad.

Et les deux gouvernements, celui d’Afghanistan et celui d’Irak n’ont pas les moyens de renvoyer ces alliés si encombrants venus pour lutter contre le terrorisme…

C’est sous ce couvert, mais en réalité dans la plus pure tradition impérialiste, que les Russes refusent l’indépendance à la Tchétchénie et ont détruit leur capitale de cinq cent mille habitants, Grozny, ce que certains n’hésitent pas à qualifier de génocide.

La lutte contre le terrorisme a été le prétexte pour les Américains d’ouvrir Guantanamo et des prisons secrètes dans d’autres pays afin de permettre aux tortionnaires d’agir en toute liberté dans ces zones de non droit créées pour le besoin.
A-t-on vu pire au temps du goulag ou du nazisme ?

Un homme d’Eglise, Son Eminence le Cardinal Archevêque de Boston, ancien colonel de l’Armée américaine, a écrit une lettre ouverte au président Bush pour dénoncer les mensonges sur le terrorisme, dont voici un extrait on ne peut plus édifiant : “Monsieur le Président, vous n’avez pas dit la vérité sur le pourquoi nous étions cible du terrorisme quand vous avez expliqué pourquoi nous bombarderions l’Afghanistan et le Soudan. Vous avez dit que nous étions la cible du terrorisme parce que nous défendions la démocratie, la liberté et les droits humains dans le monde. C’est absurde, Monsieur le Président, nous sommes la cible des terroristes parce que dans la plus grande partie du monde, notre gouvernement a défendu la dictature, l’esclavage et l’exploitation humaine, afin de contrôler les richesses de ces pays”, dit-il.

Et le prélat de rappeler les coups d’Etat organisés par la (CIA en Iran (1956) et au Chili (1973), la guerre du Vietnam (1954-1975) et d’autres agressions… terroristes américaines, qui aujourd’hui sont de l’histoire ancienne.

Ibrahima KOITA

22 juin 2006.