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Assurément, l’armée malienne se réconcilie avec le peuple. En « conquérant » Anéfis, elle a permis à bien de Maliens de relever la tête, mais surtout retrouver confiance en la vaillante armée que l’on connaissait.

Il subsiste bien de distorsions qu’il faudrait corriger, comme mieux maîtriser sa communication. Tout le Mali et partant toute la communauté internationale savaient à l’avance ce que l’armée allait faire. Sur le terrain, des militaires continuent, au cœur des opérations ou en progression, à appeler familles et amis.

Au-delà de ces aspects, le fait d’avoir fait mouvement, met fin à la polémique stérile de savoir si l’armée doit aller à Kidal ou pas. Cela a été professé à tous les niveaux : le Mali est un et indivisible et l’armée malienne n’a besoin ni de l’autorisation ni de l’onction de qui que ce soit pour sécuriser le territoire et aller où elle veut.

Les négociations qui s’ouvrent aujourd’hui à Ouagadougou n’ont rien à voir avec la reconquête de l’intégralité du territoire. Des fils du pays, en un moment, ont pactisé avec le diable et contribué à la dislocation du Mali. Les négociations de Ouagadougou consistent à les ramener à la raison et à voir dans leurs doléances, les fautes qui incombent à la République et à les réparer, cela, sans préjudice pour la justice.

Le Mali a été patient et conciliant. C’est d’ailleurs ce qui a valu ce soutien unanime de la communauté internationale à l’action de l’armée de recouvrer la souveraineté sur Kidal.

Il est vrai que des mouvements d’humeur avaient commencé à sourdre dans la population. En allant à Anéfis, l’armée tue dans l’œuf les tentatives des extrémistes qui voulaient à nouveau surfer sur cette vague.

La France, en soutenant cette action, se blanchit aux yeux des populations maliennes qui ne comprenaient plus sa position. En fait, elle nous disait : « Agissez comme chez vous, en respectant juste les droits de l’Homme ! »

Alexis Kalambry

08 Juin 2013