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C’est fini : l’affaire Sidi Sossoh Diarra, touts mots pesés, a déjà tourné à l’affaire d’Etat. Les jours à venir , certes édifieront sur l’évolution de ce qui est devenu un bras de fer très peu banal entre la justice et le Vérificateur général qu’elle incarcéra quelques heures, jeudi dernier, avant de lui accorder la libération conditionnelle.

Nous saurons ainsi qui de Sidi Sossoh Diarra ou de Dramane Diarra son juge aura eu le dernier mot. Mais déjà, les juges ont beau dire que tout vérificateur général qu’est leur illustre client, il reste un justiciable, donc passible de prison comme n’importe quel citoyen, il est clair que l’opinion n’a pas accepté que Sidi Sossoh Diarra soit traité comme on traite un vulgaire cambrioleur.

Sur les antennes des radios libres, les citoyens ne se comptent qui crient leur indignation face à l’humiliation d’un homme qui incarne, à leurs yeux, la lutte contre la corruption.

Les journaux ne sont pas en reste avec, tous les jours, leurs titres plus sensationnels les uns que les autres. Les webmasters sont, également, entrés dans la danse en facilitant le débat sur l’affaire qui en une dizaine d’articles de presse a généré en quelques jours près de 1000 réactions d’internautes, un intérêt sans précédent que même l’attaque de Nampala, sujet passionnel par excellence n’a pu générer en son temps.

Et ce week end, un meeting s’est tenu à la très symbolique Pyramide du Souvenir pour apporter un soutien total et actif au Vérificateur général victime d’une machination d’Etat selon les organisateurs de l’événement dont le Craj du très radical Mahamane Mariko. Dans leur écrasante majorité, les réactions sont favorables au Vérificateur général et nombre d’entre elles ne sont ni plus ni moins qu’un appel à la subversion. Et bien sûr, aucun des argumentaires invoqués contre Sidi Sosso Diarra ne passe.

Rébellion devant l’autorité judiciaire ?

La faute est peut-être grave, mais pour la rue c’est peccadille face aux rapports de contrôle torpillés par la justice. Décision de la cour suprême aux dépens du Vérificateur général ?

Oui, mais les loups ne se mangent pas entre eux, relativise t-on. Le denouement inattendu de cette affaire intrigue beaucoup de nos compatriotes.En tout cas elle a désormais quitté le terrain du droit pour celui de la politique. Sidi Sossoh Diarra sera-t-il un martyr?

Birama Fall

06 Avril 2009