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Au-delà de l’Espagne et des Pays-Bas, le Mondial opposait l’Afrique à l’afro-pessimisme. Et c’est l’Afrique qui a largement remporté cette coupe. Qui était loin d’être donnée : car partout où elle se déroule, la compétition est extrêmement demandeuse en moyens et en compétences. Imaginons que la seule délégation de la presse était de dix huit mille personnes et nous aurons une idée des défis que l’Afrique du Sud avait à relever, fût-elle la vingtième économie du monde.

Quand on gagne le pari de l’organisation et de la sécurité, cela s’oublie vite. Mais que se serait-il passé si un stade s’était effondré, des bus de supporters ou de joueurs attaqués, comme ce fut le cas à Cabinda lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations ? Ou si Al Qaeda avait pu mettre à exécution sa menace de gâcher la fête ? On aurait oublié le caractère arc-en-ciel du pays de Mandela pour ne retenir que les penchants nègres du polygame Zuma, l’incapacité congénitale des Africains à ne pas faire naufrage au port.

Heureusement, malgré l’élimination regrettée des Bafana-Bafana et des héroïques mais malchanceux ghanéens devenus l’équipe de tout un continent, le public sud africain a apporté à ce Mondial une animation dont très peu de nations sont capables.

Du début à la fin, et dans tous les matchs, l’ambiance n’est pas tombée. Les Vuvuzelas qui nous avaient fortement agacés à l’entame de la compétition ont fini par être acceptés et même embouchés par des supporters brésiliens, allemands ou espagnols.

C’est un truisme de dire que la fête a été belle. Mais c’est un truisme que l’Afrique du Sud ne se lassera pas d’entendre maintenant qu’elle devra faire les comptes. Une chose est sûre : si elle peut avoir perdu de l’argent, elle a déjà gagné en image. Et fait gagner l’Afrique avec elle. Bravo !

Adam Thiam

12 Juillet 2010.