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Tout n’est pas réglé puisqu’à l’heure où nous mettons sous presse, deux des six otages occidentaux supposés être sur notre territoire, ne sont pas encore libérés. Prions qu’ils le soient très vite. En attendant, il faut se réjouir, pour les quatre désormais libres des affres de la privation et de la météo inclémente du grand nord.

Et puis quels qu’ils soient, tous les acteurs visibles et invisibles de la libération méritent ici d’être congratulés. La presse locale s’était fait l’écho de l’optimisme du président de la République sur la question de ces otages et le résultat est là. Bravo !

Mais, cette troisième libération d’otages en cinq ans indique que le nord malien est en train de devenir un sanctuaire du crime où s’entremêlent poudre colombienne et poudre d’explosifs. Au grand désavantage de l’Etat malien dont le dilemme est profond. Car c’est lui qui va, chaque fois, au charbon pour négocier la libération des otages, mais c’est toujours lui qui est accusé de nourrir les preneurs d’otage.

Or, la réalité est bien plus complexe. Il est certes vrai que le réseau salafiste trouve chez nous la logistique et les appuis communautaires qu’il lui sera plus difficile d’avoir chez le voisin mauritanien ou nigérien. Il est aussi vrai que de nouveaux intérêts de proximité sont en jeu qui peuvent, aujourd’hui plus qu’hier, rendre difficile l’éradication sur notre sol du péril terroriste.


Mais, de toute évidence,
Belmoktar, le redoutable émir salafiste tout comme son autre compère Abou Zeid, se promènent chez nous surtout à cause de l’immensité et de la configuration de notre désert ajoutées à la puissance de frappe plus que dérisoire de nos forces de sécurité.

Le jeu de cache-cache continuera, avec ses contrecoups malheureux pour la réputation de notre pays tant qu’une approche sous-régionale concertée, simultanée et soutenue par une action internationale conséquente ne sera pas mise en œuvre.

C’était le dessein de la Conférence Sahélo-saharienne sur la Sécurité et le Développement voulue par le Mali mais longtemps boudée par des Etats riverains.

La crise des otages vient brutalement remettre la nécessité d’une telle coopération sur le tapis. La bouder davantage revient à prendre le salafisme pour une création malienne. Or, il est notre tragédie et c’est d’abord notre pays qu’il prend en otage.

Adam Thiam

23 Avril 2009