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A travers les partis, grands et moins grands -Adema, Urd, Pdes ou indépendants, Rpm, Codem, Cnid, Mpr – représentés au Parlement, le projet de réforme constitutionnelle a des amis solides. Car quelles que soient leurs récriminations – et il y en a intra muros-, ces formations préféreront la nième couleuvre à l’ultime défiance. Le président Touré tient au projet comme à la prunelle de ses yeux. Il était annoncé dans la Déclaration de politique générale pratiquement plébiscitée du Premier ministre. Y compris par le Parena qui a fait savoir ses réserves de forme et de fond sur le projet. Au nom de la cohérence cependant, même ce parti ne peut dire oui à la Dpg et non au référendum. La réforme sera donc votée la semaine prochaine, car il est impensable que les députés recalent la révision constitutionelle qui ne remet fondamentalement rien en cause, eux qui avaient si massivement voté un projet aussi sensible que le code de la famille.

Mais, outre les politiques -Omar Mariko qui n’a pas voté la Dpg et Soumana Sacko insurgé depuis plusieurs mois déjà, le référendum devrait avoir des adversaires extra parlementaires solides. A condition qu’on puisse accorder quelque crédit aux regroupements de la société civile. Il y a quelques semaines, en effet, plusieurs organisations citoyennes appelaient Att à abandonner le projet de réforme. Et hier, dans des termes qui ne laissent pas de place à l’ambiguïté, c’est Siaka Diakité qui a mis le pied dans les plats. Remonté, le patron de l’Untm va au-delà des critiques jusque-là formulées par le camp hostile au projet.

Pour lui, c’est simplement une nouvelle constitution, donc une nouvelle République, donc la possibilité d’un troisième mandat que le Chef de l’Etat est en train de faire passer. Et naturellement, il s’y oppose. L’inamovible patron du syndicat aujourd’hui divisé et affaibli, y va fort. Mais, ce n’est pas la première fois, et les autres fois, une « solution » a pu être trouvée à chaque fois. S’il se trouve qu’il incarne le sentiment profond de ses troupes, que sa colère n’est pas négociable sur ce coup-là, alors le référendum aura connu, hier, son premier vrai tournant. Car il y a de fortes chances qu’Amion Guindo, le patron de la Cstm, soit lui aussi du camp du « non ».

Adam Thiam

28 Juillet 2011.