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D’après Jean Jacques Rousseau : « On s’égare un seul moment de la vie (…) aussitôt une pente inévitable  nous entraîne et nous perd  ». Cette  métaphore s’apparente-t-elle aux attitudes   des  Hommes  qui détiennent   la réalité du Pouvoir transitionnel au Mali ?  Il est en tout cas une  évidence, notre pays, le Mali, se retrouve sur une mauvaise pente, pour ne pas dire une très mauvaise pente.

Après la fête de l’Aïd El Kébir qui consacre  la fin du Ramadan, désormais finie la trêve sociopolitique. Les évènements politico-sociaux  se succèdent. Vendredi dernier, c’était la démission du Gouvernement Ouane I et la reconduction de celui-ci à son poste de PM  afin  de former un Gouvernement Ouane II de  large ouverture.  Dont  d’ores et déjà, le M5-RFP décline  officiellement toute  participation  pour n’avoir pas été consulté.

Ce lundi 17 mai, l’UNTM, conformément aux vœux de sa base militante, a réfuté  un moratoire de deux mois pour  résoudre leurs doléances.   Or  était demandeuse une « commission de médiation » composée de «  légitimités coutumières et religieuses », accompagnées des présidents des différentes chambres consulaires et du patronat malien et des conseillers spéciaux de la primature. En conséquence, la principale Centrale  est rentrée en grève pour toute la semaine. Cette grève est reconductible la semaine prochaine. Elle pourrait même se transformer en grève illimitée, si le Gouvernement n’acceptait  pas la réalisation de leurs doléances.

Il faut donc  beaucoup craindre la convergence entre les doléances politiques du M5-RFP et celles corporatistes de l’UNTM. D’autant que le premier, jusque-là non partant pour participer au Gouvernement Ouane II, avait averti qu’il reprendrait ses meetings populaires après la fin du Ramadan pour dénoncer la « mal gouvernance » du régime transitoire. Or nous y sommes dans l’après-Ramadan !  Et  toutes les conditions objectives existent pour que le M5 traduise ses menaces en réalité!

Mais le Gouvernement va-t-il laisser le M5 et l’UNTM former  un front sociopolitique commun  de protestation de rue? Ou bien  va-t-il au contraire les réprimer ? Ni l’un ni l’autre n’est bien pour la stabilité du Gouvernement encore moins pour celle du pays. Que revient-il alors à l’exécutif de faire afin de préserver la stabilité du pays ? Certainement, le Gouvernement Ouane II  doit continuer de dialoguer  et faire des compromis !

De nombreuses sources informent sur l’imminence de  la dissolution du Conseil National de Transition (CNT)  ou de son démembrement afin qu’il soit le plus inclusif possible.  Le refus du M5 de participer au Gouvernement Ouane II, n’est pas encore catégorique. Il pourrait revenir sur sa décision si les autorités transitoires, à défaut d’accepter  ses 10 recommandations, s’accordent  sur l’essentiel. Il  pourrait aussi accepter de rentrer officiellement au CNT mais certainement sur des bases saines.  Mais à neuf mois de l’échéance de la Transition, rien n’est moins sûr !

Gaoussou Madani Traoré

Source: Le Pélican