Partager


Il y a quelques années l’Etat malien a crée le Bureau du Vérificateur Général (BVG) pour s’assurer de la moralité des dépenses effectuées en son nom et pour donner un gage de bonne gouvernance et de gestion efficiente de ses deniers. Cette initiative vient compléter une panoplie de structures de contrôle et même parfois les concurrencer.

A l’exemple du Canada d’où est venue l’idée, on pensait ainsi s’engager dans la voie de la transparence telle que souhaitée par des bailleurs de fonds. Le BVG se mit donc au travail « investiguant » et épinglant par ci par là , sans état d’âme.

Mais ces derniers jours la machine semble se gripper car celui au bénéfice duquel il a été institué (l’Etat), risque d’en être la victime.

En effet de plus en plus de ministères à travers leur DAF, comme récemment celui de la santé, s’insurgent contre ses conclusions les mettant en cause, à la demande des autorités gouvernementales elles-mêmes.

Et c’est parce que les structures étatiques se défendent des présomptions du BVG que les partenaires financiers ont demandé un audit interne des structures mises en cause pour être définitivement fixé.

Ce jeu de ping-pong, tout le monde sait qu’il se terminera en une querelle de chiffres qui ne déterminera jamais où sont passés les sous. Question : pourquoi alors créer une structure, qui en fin de compte, n’aura servi qu’à relever les insuffisances d’un système sans pouvoir les corriger.

Dans ce bras de fer qui risque de s’installer entre le BVG et les structures administratives et étatiques contrôlées, il est à craindre que dans sa propension à avoir raison, comme ses devanciers, le BVG ne tombe dans l’instrumentalisation qui a vu ailleurs des contrôleurs se démarquer de certaines conclusions et de retirer leur signature.

La réaction du ministère de la santé est une première qui fera certainement des émules et cela viendra ajouter au cafouillage déjà grand de ce début de deuxième et dernier mandat.

S. El Moctar Kounta

20 novembre 2007.