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Obama passe pour avoir compris que l’élection 2012 malgré la crise que traverse l’Amérique n’était pas qu’un «référendum économique». De bons analystes américains l’avaient prédit. Ils ont eu raison même si Barak Obama a risqué gros, par ses choix d’investissements qualifiés de socialistes dans le pays de « chacun pour soi ».

Les questions sociétales -mariage gay, avortement, libéralisation du marijuana- ont fait la différence pour les Démocrates dans plusieurs Etats, selon les données électorales. Celles-ci indiquent également que le réservoir hispanique représentant 10% de l’électorat a massivement voté pour Obama à 69%, de même que la jeunesse. Autrefois abstentionniste mais fortement mobilisée pour le candidat démocrate en 2006 comme en 2007, elle représente 19% de l’électorat et a donné au président 24 points de plus cette fois-ci.

Les analystes pointent un autre facteur : ils considèrent que la Virginie ancien bastion conservateur gagné par les Démocrates comme la Caroline du Nord timidement remporté par les Républicains sont devenus des Etats indécis. Beaucoup d’électeurs se sont d’ailleurs souvenus que ce qu’on appelle l’erreur du président visait curieusement à redresser le catastrophique héritage de son prédécesseur républicain. Les milliards de dollars injectés dans l’industrie automobile et dans les banques, c’était pour sauver les symboles en perdition de la suprématie yankee mise à mal par la gouvernance va t-en guerre des Rouges.

L’Ohio ne l’a pas oublié. En 2006, il avait voté contre les Républicains pour la crise dans laquelle ceux-ci l’avaient plongé. En 2012, il a voté, d’un vote décisif, pour le Obama qui l’a renfloué. Le président a quatre ans de plus, comme s’en sont réjouis ses supporters. Mais s’il sort de l’histoire avec la côte d’impopularité de Bush fils, le président aura ruiné les chances de Joe Biden qui ne détesterait pas donner aux Démocrates un troisième mandat consécutif. L’Afrique ? Obama ne pourra pas satisfaire les attentes trop hautes et trop déplacées des chaumières africaines qui ne veulent de lui qu’un visa et billets d’avion pour leurs jeunes paumés.

Mais l’Afrique responsable a de lui des attentes honnêtes. Lesquelles ? Qu’il continue son vigoureux plaidoyer pour la démocratie qui change la vie du peuple pas que celle des seuls dirigeants. Qu’il fasse du monde dont il est l’homme le plus puissant une place plus sûre et plus juste. Et que par les concessions de l’Amérique, qu’il rende l’air commun plus respirable pour les générations futures.

Adam Thiam

Le Républicain du 8 Novembre 2012