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« Discours, nous le verrons, fanfaronnade nous le verrons… » C’est la nouvelle trouvaille du ‘’Mandé Massa’’ pour convaincre les Maliens sur sa bonne foie à lutter contre la corruption. Mais aussi, son contrecoup contre ceux qui estiment qu’il ne fait que parler. Qu’après deux mois de gestion, il n’a pu poser aucun acte concret à la dimension de ces coups de sang, successifs. Qu’il n’incarne plus le candidat qui avait promis de faire ce qu’il dit, vice versa.

Moustapha D’abord contre les responsables des inondations mortelles, ensuite à l’égard des irrédentistes du MNLA et maintenant face aux dirigeants, mauvais gestionnaires.

Sans pourtant autant prendre le prince du jour au pied de ses lettres, l’opinion en a été témoin de la réalisation de deux de ses phrases célèbres : ‘’Kati ne fera plus peur à Bamako’’ et ‘’nul ne saurait être au dessus de la loi’’.

La première a permis de ranger dans ses bottes les rempilés de l’ex junte. La deuxième déclaration du ‘’Prince de Sébenicoro’’ relative au fait que nul n’est au dessus de la loi, a conduit sous la loi du mandat d’amener le généralissime Sanogo.

La concrétisation en acte de cette deuxième déclaration a suscité une émotion de joie chez tous les épris de la justice dans notre pays. Même si quelques profiteurs des actions bandits du règne Sanogo continuent de délirer ça et là, que IBK a humilié un ‘’grand homme’’, contrairement à la majorité des maliens qui ont eu le sentiment profond que le Mali a eu ‘’enfin’’ un président qui peut humilier un ‘’chef de famille’’. De surcroit, putschiste, pirouetté sur une voie sanguinaire.

En effet, à la différence son prédécesseur, ATT qui laissait courir les bouffeurs des biens publics et les goules de l’économie nationale se la couler douce, au motif de ne pas ‘’humilier un chef de famille’’, IBK semble prendre le taureau par les cornes.

La concomitance de ces deux événements, la remise des rapports de la CASCA et du Végal ainsi que l’arrestation du général Sanogo, donne l’espoir que des choses vont changer dans ce pays.

Cependant, faudra-t-il que ‘’l’homme fort’’ du moment reste fort jusqu’au bout. Qu’il sache que ce qui est dans ces rapports n’est que la face visible de l’iceberg. La face cachée est celle qui crève les yeux du bas peuple.

Ainsi, qu’il veille sur les sensations mégalomanes de son fils (Karim), qu’il contrôle les activités extra-pouvoirs de la première dame et qu’il freine les ardeurs démesurées de certains de ses proches collaborateurs, croyant hérités de Dieu ce pouvoir. De ce fait, la corruption sera combattue, les hommes au pouvoir seront pris en exemple et la mentalité du peuple changera.

Au demeurant, M. le Président à l’heure du bilan nous le verrons !

Moustapha Diawara

Tjikan du 3 Décembre 2013