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Plus de deux mois après sa nomination et à 10 jours de la clôture de la première session ordinaire de l’Assemblée Nationale, le Premier Ministre Modibo Sidibé n’a toujours pas présenté son programme aux élus du peuple qui, selon notre Constitution, doivent lui donner ou non leur aval pour conduire la politique de la nation.

Du reste, à défaut d’un programme, une simple déclaration de politique générale aurait suffi. Plus grave ou plus inquiétant, nul ne sait quand le Chef du Gouvernement se prêtera à cet exercice constitutionnel, somme toute normal en démocratie.

Le Premier Ministre prend chaque jour des décisions, gère les affaires de l’Etat quotidiennement sans la bénédiction des élus. On peut s’interroger sur la légalité des actes qu’il pose. Se soucie-t-il de légalité, de norme constitutionnelle, de conformité républicaine? Il est permis d’en douter.

A ce rythme, on va droit vers une session extraordinaire qui sera forcément coûteuse. Surtout quand on sait que dans les circonstances actuelles les caisses de l’Etat sont vides. Ce retard est incompréhensible quand on sait que le Premier Ministre côtoie le Président de la République depuis des années et est supposé être familier des moindres détails de sa pensée, de ses politiques.

Ce retard est-il dû à l’amateurisme, à l’impréparation ou à un manque de considération pour les institutions et la Constitution ?

S. El Moctar Kounta

04 décembre 2007.