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Il n’y aura pas un jour de plus. Au terme des 18 mois, le Mali aura son président de la République démocratiquement élu. C’est en substance ce qu’a laissé entendre le Président de la transition Bah N’Daw, tant avec les partis politiques de l’ancienne majorité et ceux du M5 RFP, qu’avec les associations de la société civile. Bah N’Daw l’a dit avec force, conviction et détermination. Faut-il le croire, ou tout simplement c’est une manière de se faire bonne conscience vis-à-vis de la communauté internationale qui demeure intraitable sur la fin de la transition au terme des 18 mois ? Il ne fait aucun doute que le Président de la transition tient au respect de son serment, celui de transmettre le pouvoir à un Président de la République que le peuple malien voudrait bien se choisir dans une compétition à la fois démocratique, inclusive et transparente. Son engagement est sans faille, car son discours n’a pas varié, c’est d’ailleurs par souci d’inclusivité et en liant l’acte à la parole qu’il a reconduit Moctar Ouane, après sa démission comme Premier ministre et lui a instruit de mettre en place une équipe véritablement représentative des forces sociopolitiques du pays.

Bah N’Daw mérite d’être soutenu, car il ne semble pas avoir d’autres ambitions etil a promis de retourner dans son paisible champ, avec le sentiment du devoir accompli, après l’élection d’un Président de la République. Qu’attend alors la classe politique pour lui accorder le soutienfranc, seule manière de le renforcer et de l’extraire des canines de la junte frileuse et assoiffée du pouvoir qui n’entend pas rendre le pouvoir de sitôt ?

Sans nul doute que seule la classe politique et la société civile sont à même d’aider Bah N’Daw à s’affranchir  non seulement de la séquestration politique dont il fait l’objet de la part des colonels salonards et leurs affidés civils tout aussi assoiffés du pouvoir, mais aussi à mettre en place tous les mécanismes permettant d’organiser des scrutins électoraux dont les résultats seront acceptés par tous les acteurs. Il faudrait comprendre que tout autre projet en dehors de la bonne organisation des élections sera voué à l’échec, car ni le temps encore moins les ressources ne permettront d’engager d’autres réformes, surtout sans consensus et dans une suspicion et un manque de confiance entre les acteurs.Alors pour une fin heureuse de la transition, il importe aujourd’hui qu’il ait une union sacrée autour des autorités de la transition qui ont le souci de la parfaite organisation des élections et à date advenue. D’ailleurs la nouvelle météo de Bah N’Daw semble être la bonne, surtout avec la nouvelle équipe gouvernementale en gestation. Cette nouvelle équipe s’attèlera à la mise en œuvre du Programme d’Action Gouvernemental, PAG dans ses composantes réalisables en 10 mois.Pourquoi ne pas accorder de l’importance au chronogramme des élections, en mettant le curseur sur la Présidentielle et en reléguant les autres réformes, certes indispensables, mais faute de temps, elles seront difficilement réalisables. Donc, il n’ya plus de raison de ne pas croire en la volonté de Bah N’Daw de transmettre le pouvoir à la fin des 18 mois.

Quant aux opposants à ce chronogramme et même à la fin de la transition au terme des 18 mois,  le peuple se chargera de régler leurs comptes car ils ne sont ni plus ni moins que des aventuriers aveuglés par le gain facile et attirer par les bijoux et les parures, bref par les délices du pouvoir et non par le devenir du pays.

Youssouf Sissoko

Source: Inf@sept