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Le porte-parole du gouvernement aura eu le mérite de ne pas faire le mort face à la communauté internationale qui a retenu à Abidjan en fin de semaine dernière, la forte éventualité d’une intervention militaire internationale au Mali et demandé la dissolution du Cnrdre. Mais Hamadoun Touré n’aura pas eu les meilleurs arguments, pas faute de talent ou de vocabulaire, mais simplement à cause de la grande sensibilité des deux sujets. Pour l’intervention au Nord-Mali, il confirme qu’il n’y a pas encore de décision prise par son gouvernement. Pour lui, il faudra attendre la fin de l’inventaire des besoins et de l’existant en cours par la partie malienne.Subtile esquive mais avec son effet boomerang.

Car si cet inventaire n’est pas encore réalisé, cela donne une idée sur le sens de l’urgence du gouvernement pour mettre fin à la tragédie des populations du Nord et d’un pays raillé et déraillé. Ensuite, selon Hamadoun Touré, l’armée malienne a toutes les capacités d’assurer la sécurité des organes de la transition. Quid de la tentative de lynchage du président le 21 mai dernier ? De même, sur la question de la dissolution de la junte, le porte-parole nous apprend qu’il ne sera pas dissous mais « absorbé » dans une structure imminente à ses dires.

Or ce n’est pas après le sigle Cnrdre que la communauté internationale en a mais des interférences de la junte. On n’a pas entendu que l’ex junte n’intervient pas, qu’elle a rempli sa part de contrat et que c’est le gouvernement qui doit maintenant prendre ses responsabilités.
Une autre sortie d’une telle facture et tout le monde considèrera le gouvernement Check Modibo Diarra comme l’aile politique du Cnrdre. Or l’honneur de la transition réside dans l’indépendance de l’Exécutif.

Adam Thiam

Le Républicain du 11 Juin 2012