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Le Rubicon a été franchi. Avec l’assassinat de la journaliste française de RFI, Ghislaine Dupont et de son technicien de reportage Claude Verlon, le « MNLA » fait la preuve du peu d’estime dans lequel il tient les vies humaines et les autres individus.

Oui, cette organisation fera difficilement la preuve de son innocence dans le lâche assassinat des confrères français, surtout qu’au moment de leur rapt, ils venaient de sortir de chez un responsable de l’organisation.

Personne, à ce jour encore, malheureusement, ne peut circuler à Kidal sans la bénédiction de ce mouvement et des multiples facettes qu’il prend à l’occasion. Il est vrai qu’il est traversé actuellement par une crise interne, mais, ces responsables, en plus des crimes odieux perpétrés, portent désormais sur les mains et les consciences, la mort de deux journalistes qui, pourtant, se battaient, croyant en leur bonne foi, pour leur donner la parole.

Cet événement malheureux doit interpeller les autorités. La nation malienne pleure avec la France, le service employeur de nos deux confrères et leurs familles. Mais, au-delà, les Maliens sont confus du sang versé pour le Mali, pour la manifestation de la vérité dans notre pays. Il revient à la France et au gouvernement Malien de ne pas laisser ce sacrifice devenir vain. Nos confrères ont versé leur sang pour le Mali.

Pour le Mali, pour l’honneur et la crédibilité du Mali, les enquêtes doivent se mener, les coupables et leurs affidés châtiés. Mais, par-dessus tout, il offre l’occasion à l’Etat de faire en sorte que plus jamais de pareilles choses n’arrivent dans notre pays. Pour cela, en prenant l’opinion internationale à témoin, il faudrait, et sans se départir de la volonté de dialoguer, instaurer sur le Mali, l’autorité de l’Etat central, sans exception.

En cela, nous reconnaîtrons le sacrifice de ces amis, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, venus du delà des mers. En entendant, et à jamais, le Mali leur reconnaîtra leur sacrifice, et les Maliens, unanimement, s’inclinent sur leur mémoire.

Plus que bien d’autres, vous avez mérité de la profession, du Mali et de l’Afrique.

Alexis Kalambry

Les Échos du 04 Novembre 2013