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« ADO a tellement vécu dans le monde civilisé et respectueux des valeurs humaines des blancs qu’il se croit à New York, Paris et Londres. Alors qu’il est en Afrique et surtout en Côte d’Ivoire où une partie de la population a été instrumentalisée et nourrie à la sève de la haine par le FPI contre une partie de la population pendant plus d’une dizaine d’années. Le FPI à travers ses démembrements n’acceptera jamais son pouvoir et sa personne ».

Cet internaute très remonté sur Abidjan.net n’y va pas avec le dos de la cuillère : pendant que le gouvernement parle d’assaillants non identifiés, lui n’hésite pas à incriminer les pro-Gbagbo pour l’attaque meurtrière, hier matin, du célèbre camp d’Akouedo. Le twitteur abidjanais va vite en besogne. Mais il a dû se poser la question classique des enquêteurs et trouvé que c’est seul Gbagbo qui profite de ce coup et d’autres qui ces derniers temps font craindre l’escalade au pays d’Ado.

Gbagbo justement qui, de sa prison néerlandaise, affronte la dernière ligne droite d’un procès à l’issue d’autant plus prédictible qu’il est circonscrit aux atrocités postélectorales de l’an dernier.

Signature de Gbagbo ou pas, Akouedo ramène le spectre quelque peu oublié de la Côte d’Ivoire qui avait frôlé le pire avant de retrouver un bon niveau de croissance et d’investissements avec un président adoubé par la communauté internationale et suffisamment serein pour se pencher sur la grave crise de son voisin malien.

Peut-on aller jusqu’à lui en vouloir de ne pas commencer la charité par son pays ? Il ne faut rien exagérer car Akouedo comme Douekoué peuvent bien relever de l’insécurité résiduelle. Mais l’enchaînement de la violence après le retour prometteur de la Côte d’Ivoire d’antan montre jusqu’où la paix est difficile après la guerre. Elle interpelle surtout l’urgence pour les Ivoiriens de se réconcilier dans la vérité et dans le pardon. Charles Konan Bani a sans doute déchiffré les messages peu discrets des derniers canons.

Adam Thiam

07 Août 2012