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Après avoir imposé au pays une guerre inopportune et improvisée à Kidal le 21 mai, contre les groupes armés du nord du Mali, occasionnant de nombreuses victimes civiles et militaires, les hautes autorités maliennes en arrivent aujourd’hui à remettre en cause la bravoure de cette armée. En témoigne le bout de phrase lâché par le Premier ministre Moussa Mara devant l’Assemblée nationale française : « les soldats… au premier accrochage, ils détalent… ».jpg_une-3212.jpg

En traitant ainsi ceux qui ont dédié leur vie à la défense de la patrie, les plus hautes autorités du pays ont agressé le peuple malien et son armée en leur assenant une extrême humiliation. Ce sont les mêmes autorités qui ont engagé en toute illégalité notre armée dans une guerre aux issues incertaines, pour ensuite se débiner, et non satisfaites de cela, elles persistent dans le rejet de leur responsabilité. Qui est responsable si les soldats détalent ? Entre une armée qui n’a pas d’armes et des autorités qui, au même moment se paient le luxe d’un avion présidentiel à plus de 20 milliards de FCFA, qui est responsable si les soldats perdent la bataille ? Et paradoxalement, le Premier ministre semble parler de la débâcle avec mépris et dédain, tant bien qu’il note qu’ils n’ont pas d’arme.

Le peuple découvre que le Premier ministre Moussa Mara a engagé l’armée malienne les mains vides. Est-ce à dessein pour aller remettre à l’ennemi, nos outils de défense, les véhicules de l’armée que Moussa Mara a entrepris son périlleux voyage ? Seule la traduction des autorités actuelles devant les tribunaux de l’histoire peut permettre au peuple malien de savoir la vérité dans cette affaire.

En tout cas depuis cette maudite visite de Moussa Mara à Kidal et depuis cette guerre qui a vu IBK déclarer un cessez-le-feu unilatéral, la région de Kidal n’est plus, comme il se doit, dans les girons du Mali.

Et depuis lors, l’accord de Ouagadougou, âprement négocié par l’ancien ministre des Affaires étrangères Tiébilé Dramé, est devenu un cure-dent dans la bouche de ceux qui ne voulaient pas en entendre parler. C’est cet homme qui a refusé d’aller à l’élection présidentielle de juillet 2013 et qui a dit que la calebasse était trouée. Mais on ne l’a pas entendu, et voilà !

Et si IBK avait commencé par appliquer l’accord du 18 juin ? Tout porte à croire que les rebelles ne se seraient pas hissés à son niveau et le gouverneur serait toujours à Kidal. On aurait fait l’économie d’une guerre qu’il a voulue et qu’il a eue. IBK doit faire amende honorable : son mea-culpa.

Youssouf Z Kéita

B. Daou

Le Républicain du 15 Octobre 2014