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Ouverts lundi dernier, les Etats généraux sur la décentralisation, étape initiale conduisant aux Assises sur le développement des régions du Nord, annoncées pour la première décade du mois de novembre, ont enregistré une absence remarquée: celle du MNLA.

Les sièges prévus pour ce mouvement rebelle étaient vacants. Il a préféré jouer la politique de la chaise vide. On s’y attendait, parce qu’auparavant il avait rejeté le calendrier des législatives, le Forum sur la décentralisation, ainsi que le grand rendez-vous du mois prochain. Autrement dit, le MNLA s’auto-exclut des débats qui touchent la nation malienne.

A ce rythme, quel accord peut-on signer avec le MNLA? Si l’on veut une véritable réconciliation nationale, il faut aller d’abord vers un accord définitif, le reste viendra après. Il faudrait qu’on sache sur quoi l’on pourrait s’entendre, sinon la guerre, la vraie, demeurera la seule solution définitive. Que les deux parties arrêtent donc de jouer au chat et à la souris.
Honnêtement, organiser les législatives en novembre prochain, sur toute l’étendue du territoire national, n’arrange pas le MNLA, parce que tous les députés sortants de la région de Kidal sont les siens.

Qu’on le veuille ou pas, ils ont une légitimité et une représentation très forte dans l’Adrar des Ifoghas. Faire élire des illustres inconnus à leurs places, dans les circonstances actuelles, créerait plus de problèmes que cela n’en résoudrait.
Parler du développement des régions du Nord pour trouver une solution à la crise actuelle et «apporter des réponses définitives aux frustrations de nos frères touaregs», sans le MNLA, ne nous paraît pas pertinent. Le gouvernement doit donc revoir sa copie. On ne met pas la charrue avant les bœufs.

Dans le contexte actuel, où Bamako est pressé de signer un accord, il est important d’aller droit à l’essentiel, cartes sur table. Tout le monde est d’accord pour l’indivisibilité du territoire, même si des marchands d’illusions continuent à parler de l’Azawad, de l’autonomie et de je ne sais quoi encore.
L’Etat doit prouver, aujourd’hui plus qu’hier, sa bonne foi, et prendre la communauté internationale à témoin en posant des actes de grandeur qui honoreront notre pays vis-à-vis des nations qui nous soutiennent.
Il doit vite aller à l’essentiel, en formulant clairement ce qui est acceptable. Tout en prenant le soin de préparer l’armée à toutes les éventualités. Si, malgré tout, le MNLA s’arque-boute sur ses velléités indépendantistes, IBK n’aura d’autre choix que de faire la guerre.

Et pas n’importe laquelle! Une guerre pour triompher, pas celle des replis tactiques ou stratégiques, qui conduirait à une débandade de nos forces armées. Une guerre pour ramener la paix, la sécurité et la quiétude dans le Septentrion malien. Ce n’est qu’après cela qu’on pourra véritablement penser au développement.
Se précipiter pour tenir un Forum pour le développement des régions du Nord sans la participation d’une partie significative (et dotée d’une forte capacité de nuisance) des acteurs, nous parait peu réaliste. Encore une fois, le gouvernement doit revoir sa copie.

Chahana Takiou

22 Septembre du 24 Octobre 2013