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Encore une fois, la commission de l’Union Européenne vient de renouveler sa confiance sur le président du Faso, Blaise Compaoré comme médiateur principal de la crise malienne.

Devant cette décision, nous (autorités maliennes et peuple) ne pouvons être que simples spectateurs. Même si avec le beau Blaise, le cœur n’y est plus.

Car, aussi bien que le président du Faso fait preuve d’une indifférence totale sur la souveraineté du Mali, qu’il fait preuve de ses accointances avec les dirigeants du MNLA.

Pour preuve, du début de la crise jusqu’à nos jours, l’homme fort de Ouaga n’a daigné mettre ses pieds à Bamako, pour tenir une discussion sérieuse avec les autorités du Mali. De la transition jusqu’à la mise en place des institutions républicaines au Mali, il a toujours fait de son Palais de Kosiam, un supra-Palais de Koulouba. Tout se dit à Ouaga, tout se décide à Ouaga et tout se signe à Ouaga. Pourtant c’est à Ouaga aussi que les irrédentistes des groupes rebelles sont dans ses bonnes grâces.

Des sources indiquent même que des combattants du MNLA sont en service au niveau de la garde présidentielle du président du Faso.

Cette situation n’est plus qu’un secret de polichinelle.

On avait estimé qu’avec l’arrivée au pouvoir d’un homme de poigne de la trempe d’IBK, que des mesures diplomatiques fortes (rappel de notre ambassadeur de Ouaga) allaient mettre fin à cette situation. Car, en plus de son tempérament, on avait vu en Ibrahim Boubacar Kéita, un magnat de l’international-socialiste, un grand ami de la France.

Curieusement, c’est avec la même France que l’actuel président du Mali cherche à se tirer d’affaire. Notamment, l’affaire Tomi le corse, l’achat de l’avion présidentiel, du marché de l’équipement de l’armée et de la situation de Kidal.

Au-delà, dans la sous-région, à la lecture des rapports entre chefs d’Etat, le constat laisse apparaître que le président malien n’a pas de grands amis dans le lot. A l’exception du président nigérien, Issoufou Mahamadou, sinon tous les autres convergent soit avec ATT.

Dans ce contexte, on ne pourra que se plier à la volonté des puissances occidentales dans leur dessein de faire du président du Faso, le seul maître à bord de la résolution de la crise malienne. Même s’il s’agit d’un président dont la popularité tourne en eau de boudin dans son propre pays.

Aussi bien que nous ne disposons pas d’une diplomatie forte, nous souffrons d’un manque criard d’organisations fortes de la société-civile pouvant taper du poing sur la table pour réfuter le choix porté sur Blaise Compaoré pour conduire la médiation.

On a l’impression que ces organisations ainsi que la presse malienne mangent tous, désormais dans les râtelais du ‘’zigouilleur de Ziniaré’’.

Ainsi, les protagonistes doivent se préparer à entamer des interminables va et vient entre Bamako et Ouaga, pour aller prendre langue avec les groupes rebelles. Et se soumettre aux injonctions du président du Faso.

Au demeurant, il sied aux autorités maliennes de dégager une nouvelle feuille de route, exigeant au médiateur et aux groupes rebelles de faire de Bamako, le lieu de toutes les étapes cruciales des discussions inter maliens.

Sinon, l’ami de notre ennemi ne peut être autre que notre…

Moustapha Diawara

Tjikan du 24 Juin 2014