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Le second tour de la présidentielle du 12 août, opposant IBK et Soumi, s’est bien déroulé, dans le calme et la transparence requise. Aucun incident majeur n’a été signalé, en tout cas à Bamako, où les électeurs se sont déplacés sous une pluie douce pour accomplir leur devoir civique.

jpg_CT.jpgL’affluence n’était pas comparable à celle du 1er tour, ce qui pourrait jouer sur le taux de participation, estimé alors à 48,99%. En outre, au regard de l’écart énorme entre IBK, près de 40% contre environ la moitié pour son challenger au premier tour, l’ancien Premier ministre est sans nul doute le super favori du second, sans compter les nombreux reports de voix en sa faveur.

En effet, sur les 26 autres candidats en lice au premier tour, au moins une vingtaine ont appelé à voter IBK, alors que de l’autre côté, seuls Bittar et Modibo Sidibé, auxquels s’est joint Tiébilé Dramé, qui avait renoncé à sa propre candidature le 28 juillet, avaient décidé d’accompagner Soumi. Les voix engrangées par ces deux candidats malheureux n’atteignent pas 6%. Celles-ci, ajoutées aux 20% de l’ancien ministre des Finances donneront dans les meilleurs cas 26%. En y ajoutant les voix de la dissidence ADEMA, on pourrait être dans les 30%.

C’est dire que Soumaïla Cissé sera certainement vaincu, sauf cataclysme ou miracle républicain. Notre pronostic, comme nous venons de le démontrer, c’est IBK à 70% contre 30% pour Soumaïla Cissé. Ce dernier aura pourtant bien bataillé durant la courte période de la campagne du second tour. Il aura tout fait pour convaincre les électeurs qu’il pouvait bel et bien battre IBK.

Il est même allé jusqu’à dire que nombre de ceux qui avaient voté pour ce dernier au premier tour ne le feraient pas au second tour. Il aura tout tenté, démocratiquement, pour inverser la tendance, en lançant au passage quelques piques et en réclamant haut et fort un face à face. Malheureusement pour lui, IBK a poliment refusé, en disant qu’il n’était pas «besogneux».

Cela relève du politiquement correct, étant donné qu’aucune loi ne l’impose et qu’on ne prête pas le flanc à un adversaire qui tente de réussir un coup de communication.
Dans l’ensemble, la campagne électorale s’est bien passée. Les candidats ont mouillé le maillot et nous osons espérer que la démocratie malienne reprendra demain de plus belle.

En tout cas, les défis sont immenses. IBK ne doit pas décevoir, parce qu’à la faveur de ce scrutin, il est devenu phénoménal. Tous ses faits et gestes seront minutieusement contrôlés, commentés et appréciés. Le premier challenge est de réussir le grand rassemblement qui se dessine autour de lui, tout en réservant à la future opposition sa place, laquelle sera connue à l’issue des législatives de septembre prochain.

Il est souhaitable que les dates annoncées soient maintenues, pour nous permettre de sortir des temps des élections et d’avoir un gouvernement légitime, formé sur la base de la majorité parlementaire, afin que le vrai travail puisse démarrer, dans l’attente de combler les aspirations profondes du peuple malien.

Chahana Takiou

22 Septembre du 12 Août 2013