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Les esprits s’échauffent, les dénonciations fusent et les commentaires vont bon train. Tout cela après l’élection à la tête de l’Assemblée Nationale du beau père du fils du président de la République, Issaka Sidibé. Une hypothèse que nous avons été d’ailleurs les premiers à annoncer. C’était bien avant même la proclamation des résultats des législatives par la Cour Suprême. A son temps, des scribouillards tapis dans l’ombre du pouvoir, n’ont pas manqué de nous traiter de scénariste et pyromane. Après on a sorti du sac un autre prétendant fictif au perchoir, Abderhamane Niang, le jeter comme un os de Morlam à la presse privée de presse, pour maquiller le choix réel, mais gênant du prince du jour. C’est ainsi qu’une fausse campagne de médiatisation fut ouverte pour tailler à la mesure de Abderhamane Niang le fauteuil de président de l’Assemblée Nationale. Celui là même qui était premier secrétaire administratif de l’ADEMA PASJ au moment où IBK démissionnait de ce parti. Et auparavant, pièce maitresse de l’organisation du premier scrutin électoral démocratique, ayant permis l’élection de Alpha Oumar Konaré comme président de la République.

On peut continuer à ne pas le croire, mais IBK n’est point le genre d’homme d’Etat qui laisse ses amis en cours de route. C’est pourquoi il avait jeté son dévolu sur un certain nombre d’amis pour briguer la présidence d’amis, dont la plupart n’ont pas pu remonter la pente. C’est ainsi que le seul capable d’y répondre aux critères dégagés par le ‘’chef’’ aura été Issaka Sidibé.

Même si l’opinion retient du nouveau président de l’Assemblée Nationale la posture parentale qui le lie au président de la République par déclinaison du lien Karim-Rokia, ‘’Isac’’ reste un ami de longue date d’IBK. Cette amitié d’ailleurs lui aurait coûté cher pendant de nombreuses années et touchant même sa vie professionnelle. C’est pourquoi jusqu’à sa retraite au sein de l’administration des douanes, il n’a bénéficié d’aucune promotion, malgré son statut de vétéran gabelou-chef. On affirme même qu’il fut nommé directeur régional un matin avant d’être révoqué le soir du même jour. D’ailleurs, il n’était pas seul dans cette condition. Ils sont nombreux ces caïds favorables au ‘’Mandé Massa’’ à se voir éjecter des affaires publiques par les ‘’Pédeistes’’ d’alors, pour le seul motif de leur fidélité à IBK. A l’exception de quelques uns dont l’ancienne ministre de la Santé, Zeinab Mint Youba, qui a choisi de réviser son adhésion à la cause du ‘’Prince de Sébenikoro’’.

Bref, cette histoire de mariage de sa fille avec le fils de son ami-politique n’a fait que consolider sa fidélité envers IBK. Surtout que les deux hommes partagent certains traits caractéristiques : la fermeté et le respect de sa conviction.

Sans s’insurger en avocat-défenseur de quiconque, le moins qu’on puisse dire est que le relatif regroupement familial qu’on aperçoit de nos jours sur la sphère étatique n’est que la conséquence de la promesse prise par le président IBK, lui-même. Qui, pendant ses moments difficiles n’avait que sa famille et certains fidèles parmi les fidèles à ses côtés. Envers lesquels, il aurait prit l’engagement de ne jamais les trahir au jour des récompenses. L’opinion publique nationale assiste de nos jours au respect de cet engagement. Mais faudra-t-il que cela se fasse dans la règle de l’art, avec l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Et c’est ce qui fut le cas dans l’élection de Issaka Sidibé. Car, il ne s’agissait pas d’un poste nominatif mais électif. Même l’opposition de façade, présente au sein du parlement n’a osé soulever une quelconque entorse à la règle démocratique.

Trois enseignements majeurs peuvent être tirés de cette élection du beau-père du ‘’fils national’’ :

Primo, IBK à la différence de ces prédécesseurs n’entend pas laisser ses amis d’hier sur le quai.

Secundo, IBK à la différence de ses prédécesseurs veut légaliser le népotisme.

Tercio, IBK comme ses prédécesseurs est apte à réaliser tous les désirs de sa femme.

Dans le bateau Mali qui tangue, il ne veut aucunement jeté ses amis à la rivière.

Moustapha Diawara

Tjikan du 28 Janvier 2014