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Le 31 décembre dernier, au moment où tout le monde s’affairait pour réveillonner, la Cour constitutionnelle proclamait les résultats définitifs des élections législatives. Le couperet des neufs sages est tombé sur trois circonscriptions: Gao, Nara et Niono.

Les résultats provisoires de ces trois localités n’ont pas été confirmés, avec comme conséquence la chute d’un grand baobab à Gao. Il s’agit du 2ème Vice – Président de l’Assemblée nationale, Assarid Ag Imbarcawane, député depuis 1992, date des premières élections pluralistes du Mali, sur une liste ADEMA.
Il a donc exercé durant 21 ans à l’Hémicycle comme élu de la Nation et a occupé tous les postes stratégiques de l’Assemblée nationale. Il était même devenu le Doyen des députés, sans en être le plus âgé. Il était aussi le Monsieur ACP-UE du Parlement.

Assarid Ag Imbarcawane faisait bien son travail, avec amour, passion, abnégation et don de soi. Il connaissait toutes les combines pour faire passer un projet de loi à l’Assemblée, à tel point qu’il était devenu le répondant du gouvernement à l’Hémicycle.
Très fort en matière de diplomatie parlementaire, Assarid Ag Imbarcawane avait pris son bâton de pèlerin, à la faveur de la crise du Nord, pour porter de par le monde la contradiction aux arguments du MNLA. Il l’a fait à Strasbourg, au Parlement européen, comme à Bruxelles, siège de l’Union Européenne et des ACP.
Ce n’est pas tout. L’Honorable de Gao a également investi les plateaux des télévisions étrangères pour rétablir la vérité et montrer que la rébellion de l’Adrar des Ifoghas n’avait aucun fondement, ni politique ni social, encore moins culturel.

Lors de la présentation des vœux de l’Assemblée nationale à IBK, celui-ci s’est même félicité du fait que «la mémoire de l’Assemblée nationale est là, Assarid Ag Imbarcawane». Cette solennité d’IBK était sans compter avec l’arrêt de la Cour Constitutionnelle. On peut même penser que, si le chef de l’Etat avait pu, l’élection d’Assarid aurait été confirmée par la Cour Constitutionnelle.
Dura lex sed lex (la loi est dure mais c’est la loi). Il n’y a aucun recours possible. Le grand Assarid est tombé, de la plus mauvaise manière, parce qu’il avait gagné sur le terrain et qu’il a perdu par le bon vouloir des membres de la Cour Constitutionnelle.

Car Assarid avait toujours sa place à l’Hémicycle. Il a de l’expérience, de la méthode et un sens élevé de l’Etat. Ce qui fait que, souvent, il n’a pas d’états d’âme dans les combinaisons politiques. Il sait défendre les intérêts de l’Etat, de son parti, et ses propres intérêts, bien sûr.
Alpha Oumar Konaré le connait bien, ATT également et IBK aussi, qu’il a accompagné lors de sa présidence de l’Assemblée nationale. C’est dire que l’Assemblée malienne perd gros. Mais nul n’est indispensable et une nouvelle génération de députés va commencer à émerger, avec certainement de nouvelles méthodes et approches politiques.
Hommage donc à Assarid Ag Imbarcawane pour tout le travail abattu au nom du Mali. Il mérite d’être récompensé grandement pour cela, d’une manière ou d’une autre.

Chahana Takiou

22 Septembre du 6 Janvier 2014