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Toute l’administration publique paralysée avec un énorme impact sur les marchés et le Transport dans le District de Bamako ! Pour autant, tous ne sommes pas de cœur avec l’UNTM ! Mais d’esprit, oui ! Le Tjikan (message) est, on ne peut plus clair : tous abhorrent le mode de gestion  des autorités de la Transition lesquelles se sont visiblement engluées dans des considérations partisanes, claniques, voire démagogiques. Il ne pouvait donc en être autrement.

Cette grève, visiblement bien suivie en l’occurrence par les services de l’Administration d’Etat, est en fait, l’expression d’une colère à l’endroit des militaires. Sont passés par-là, la militarisation voire la «Colonelisation» de l’administration publique (dont le dernier acte en date est le limogeage du DG du CHU Gabriel Touré et la nomination d’un Colonel en lieu et place) au moment où plus d’un tiers du pays reste occupé par l’ennemi;  la nomination à outrance des militaires aux postes initialement dévolus à l’administration civile ; le mépris du président de la Transition allant jusqu’à traiter les syndicalistes de «fous» et s’estimant lui-même, comme un dieu Olympien «au-dessus de la mêlée» ; l’exhibition outrageuse du Général Haya Sanogo au moment où les plaies restent encore grandement ouvertes ; les actes de détournements, de  corruption et l’impunité y afférente que décrient également les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) dont la Commission de l’Union Européenne laquelle a justement suspendu son aide pour cause; la justice à double vitesses ; les opérations abusives de démolition des logements des particuliers (affaire de la zone dite aéroportuaire en l’occurrence) ; celle de la prétendue «déstabilisation des institutions» avec ses corollaires ;  les mensonges d’Etat à ciel ouvert érigés en mode de gestion des crises ; les aléas économiques dont sont victimes les opérateurs du secteur et l’augmentation des prix des denrées de première nécessité ; la grosse crise énergétique ; l’insécurité ambiante, interurbaine en l’occurrence …

Et comme s’ils voulaient embrouiller davantage une situation déjà complexe, nos illuminés, entreprendront une opération de découpage administratif très problématique et portant les germes d’une partition du pays ainsi qu’un programme de referendum constitutionnel autant conflictuel ; faisant fi de la création d’une entité unique chargée de l’organisation des scrutins comme initialement convenu…

Cette gestion approximative voire brinquebalante, a visiblement  eu pour effet de rapprocher tous les acteurs, aussi bien au sein de l’administration d’Etat que de la classe politique de tous bords ou presque (y compris du défunt régime et des partisans d’ATT dont les mentors ont été presque sacrifiés à des fins inavouées), syndicalistes, membres de la société civile, élites, … Bref, la quasi-totalité des entités sociopolitiques semble désormais avoir des griefs contre cette Transition pour avoir été, chacune en ce qui le concerne, sa victime expiatoire… Et chacune voit en cette grève de l’UNTM, une opportunité et une issue salvatrice, d’où le soutien et le  mariage de raison avec la centrale syndicale.

Disons-le : jamais Transition au Mali n’a été autant bancale, parsemée d’actes d’injustices, de corruption, de suffisance, de mépris, d’humiliation, d’insolence, de division voire de risques de Sécession… Et cela ne saurait continuer… Reste aux autorités de ladite Transition de tirer leçons de ce tjikan !

B.S. Diarra (Journal Sentinelle)