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Nul n’a le monopole de la violence. Ceux qui la prônent pourraient en être les premières victimes. Alors, faisons attention et évitons les étincelles. Celles-ci pourraient embraser tout le pays, parce que ceux qui ont recours à la violence deviennent très souvent très sourds au langage de la raison.

Le penseur italien Nicolas Machiavel nous enseigne «qu’en politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal». Ce qui se dessine au Mali après la proclamation provisoire du tiers des résultants, donnant IBK, grand vainqueur du scrutin du 28 juillet, est inquiétant.

Des violences verbales, de menaces physiques, des injures grossières. Cela ne fait pas partie de notre culture politique, malheureusement, cela fait partie de celle de certains militants surexcités, supportant mal la défaite de leur candidat, et qui veulent nous imposer la violence comme moyen d’expression.
Cela ne passera pas, parce que nous avons des lois et que tout est prévu pour contester légalement, sans heurts et sans violences.

Nous sommes encore d’accord avec Machiavel quand il dit: «il y a deux manières de combattre, l’une avec les lois, l’autre avec la force. La première est propre aux hommes, l’autre nous est commune avec les bêtes ».

En montrant les biceps à travers des doléances fantaisistes, on perd la raison et l’on devient aveugle face aux réalités. Comme le dit l’autre, sachons raison garder et évitons les étincelles qui pourraient conduire à l’irréparable.
En multipliant les conférences de presse, les meetings, pour galvaniser leurs militants et préparer le lit de la contestation, lit conduisant à la violence, les perdants ne servent pas le pays.

Au contraire, ils l’affaiblissent et donnent encore le Mali en spectacle au reste du monde, après le passage ahurissant des Djihadistes qui avaient fait tomber notre pays plus bas que terre, pour reprendre l’expression de notre Doyen Seydou Badian Kouyaté.

Évitons les étincelles en calmant le jeu, en cultivant la paix et la fraternité, parce que le vrai vainqueur, c’est bien le Mali. C’est aussi, pour l’instant, il faut le reconnaitre et le dire avec force, IBK.

Il reviendra à celui-ci, si les tendances actuelles se confirmaient, de faire un grand rassemblement autour de lui. Pas de l’unanimisme, car il faut obligatoirement qu’il ait une vraie opposition pour critiquer et dénoncer les éventuels abus, inhérents à tout pouvoir, africain particulièrement.

Chahana Takiou

01 Août 2013