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La deuxième réunion du Groupe de contact pour le Mali s’est tenue à Ouagadougou, le 7 juillet 2012, à l’invitation du Président Blaise Compaoré du Burkina Faso, Médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne. Cette rencontre, annoncée par la presse comme étant un mini sommet devant mettre en place un gouvernement d’union nationale, a fortement contribué à diviser les Maliens. C’est la raison fondamentale pour laquelle elle a été à la fois boycottée par les religieux ( Haut conseil islamique, les catholiques et les protestants), la CSTM d’Amion Guindo, le RPM d’IBK et la coalition qui porte son nom, SADI du Dr Oumar Mariko, le MPR de Choguel Maïga, le CNID de Me Mountaga Tall.

Ces organisations estiment que les problèmes du Mali et la formation de son gouvernement devraient se discuter à Bamako et non à l’étranger. Par contre, celles qui ont accepté de participer au sommet de Ouagadougou, une cinquantaine sur soixante-deux invités, pensent que, dès lors que l’on parle du Mali, les Maliens doivent être là pour donner leur point de vue. Il s’agit entre autres de l’ADEMA, l’URD, le PARENA, le PSP, l’UDD, l’UMAM, l’UNTM, la CAFO, le CNJ, l’APDF, la FENACOF…

Au finish, les uns et les autres ont compris qu’il n’était pas du tout question de la formation d’un nouveau gouvernement à Ouagadougou. Cependant, le Groupe de contact pour le Mali a vivement recommandé une consultation entre la classe politique et les forces vives en vue d’aboutir à des propositions à remettre au Président de la République par intérim pour la formation, avant le 31 juillet, d’un gouvernement d’union nationale. Celui-ci sera chargé de la mise en œuvre d’une feuille de route de sortie de crise.

Voici donc que la CEDEAO donne l’occasion aux Maliens de se retrouver, de discuter et de convenir d’un gouvernement inclusif, lequel sera fortement soutenu par la communauté sous-régionale. La balle est donc dans le camp de notre classe politique ainsi que de notre société civile, lesquelles ne devront pas nous décevoir.

Elles doivent impérativement mettre de côté leurs divergences politiques, voire politiciennes, pour tenter de sauver le Mali. Si elles échouent, le monde entier rira de nous, au premier chef la CEDEAO. Que la COPAM et le regroupement IBK 2012 acceptent de tendre la main aux autres pour qu’ensemble ils se retrouvent pour parler du Mali, le seul sujet qui vaille aujourd’hui.

Il faudra donc éviter la fracture sociale et aller à des concertations sans calculs, sous l’égide du gouvernement actuel ou de l’Assemblée nationale. L’une de ces deux institutions doit donc rapidement prendre l’initiative d’organiser un forum dont les conclusions permettront la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Chahana Takiou, depuis Ouagadougou

09 Juillet 2012