Partager

Les opérateurs économiques ont offert ce qu’ils peuvent. Ils ouvrent la voie et leur geste patriotique doit être salué. Mais notre pays est en guerre et cette guerre doit être terriblement coûteuse en raison de la nature du terrain et des moyens de l’adversaire.Hélas! Car c’est l’argent pour autant d’écoles, de centres de santé, de routes et de fonds de microcrédit pour, entre autres, le Nord du pays qui prend la direction des réservoirs de tanks, d’avions et de véhicules.

Les munitions que réclame le ventre gourmand des kalach auraient pu être converties en céréales pour les familles d’un pays dont la seule guerre logique et utile est celle qu’elle doit mener contre les changements climatiques hypothéquant ses campagnes agricoles. C’est d’ailleurs cela toute la faiblesse de l’argumentaire du Mnla qui prétend lever le glaive pour assurer à l’Azawad le bien-être que le Mali n’a pas pu lui donner.

Une faiblesse qui est en même temps notre tragédie en tant que nation amenée sur le champ de bataille malgré elle et pleurant des morts qui ne sont, de quelque côté qu’elles surviennent, celles de ses seuls enfants. Son coût financier dissuasif de part et d’autre, en tout cas pour l’Etat malien qui doit organiser les élections les plus coûteuses de son histoire : voici une des raisons pour lesquelles la sale guerre doit immédiatement s’arrêter et s’arrêter surtout du fait du Mnla qui l’a inconsidérément déclenchée.

Son coût humain, on ne le répétera jamais assez, sera lui aussi prohibitif, entre les hécatombes totalement insensées et les risques de fractures nouvelles au sein des communautés septentrionales. Pire que tout, cette étrange belligérance que le Mali ne mérite pas a tout pour porter un sérieux coup de canif et au Pacte national et au processus démocratique qui l’a rendu possible. Sauf si une épidémie généralisée de sagesse au nord et un peu au sud du 14è parallèle venait changer les orgues de Staline par les guitares de Tinariwen.

Adam Thiam

23 Février 2012