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La lettre de cadrage du président de la République vient de parvenir au premier Ministre, chef de gouvernement. Il a fallu plus de 40 jours pour que de Koulouba au boulevard de l’Indépendance, la correspondance parvienne à son destinataire. Et pourtant, parce que cette lettre s’inspire très largement du Programme de Développement Economique et social (PDES), son élaboration et son acheminement ne devraient pas s’étirer autant, à moins de rendre compte des lenteurs habituelles d’un appareil grippé.

De plus, nulle part, il n’apparaît dans le contenu de ce document essentiel une quelconque annonce d’une quelconque velléité d’abolition de la peine de mort. A peine s’y contente t-on de parler de réformes sociales. La loi en question, à aucun moment, n’a été évoquée pendant toute la durée de la campagne électorale comme faisant partie des chantiers prioritaires à entreprendre.

Tout se passe comme si l’on mettait les Maliens devant le fait accompli, en faisant justement de la peine de mort un sujet de vie ou de mort. Devant tant de précipitation et d’impréparation de l’opinion, n’est-ce pas l’augmentation, depuis trois jours, du prix du pain, et au-delà la cherté de la vie, que l’on a voulu dissimuler, après que le poids de celui-ci ait considérément diminué?

Il faut également relever le fait que c’est dans une hâte indescriptible, avant même que le premier Ministre n’ait présenté sa déclaration de politique générale au parlement et obtenir de celui-ci l’onction qui lui est nécessaire et qui le légitimera, qu’un projet de loi, sur un sujet finalement si controversé, lui est soumis . Un gouvernement qui n’a pas reçu quitus des représentants du peuple et renvoyé à l’exercice de son mandat peut-il introduire un projet de loi ? Même si l’on peut répondre par l’affirmative, force est de reconnaître que cela fait tache.

Rien n’obligeait tantôt cette lenteur tantôt cette hâte, preuve évidente d’un tâtonnement visible. Il est pourtant simple de seulement de suivre le canevas tracé par les prédécesseurs, d’avancer sereinement en jouant le jeu du peuple et en lui distribuant les vraies cartes.

S. El Moctar Kounta

19 novembre 2007.